Publication : 01/01/1999
Pages : 204
Grand Format
ISBN : 2-86424-297-4

La Corimante

Marcella CIONI

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16.01 €
Langue originale : Italien
Traduit par : Geneviève Leibrich
Au moment de l’emprisonnement de sa mère, la jeune Ione, fille et petite-fille de guérisseuses, entre au service d’une famille juive d’intellectuels. Elle s’occupe d’Ada, la petite autiste, et parvient parfois à percer sa solitude. Le professeur, père d’Ada, découvre l’intérêt passionné de la petite paysanne pour les mots et les livres et l’accompagne dans cette voie.

Chassée par le fascisme la famille se réfugie en Sicile sur les terres de la grand-mère d’Ada. Militante socialiste la mère reste dans le nord.

Contre vents et marées Ione restera aux côtés de la petite autiste et, après son arrestation et sa déportation, elle se livrera à la police pour sauver l’enfant d'Ada, né d’un viol.

Au-delà de l’intrigue, le livre est porté par le personnage magnifique de Ione qui pose le même regard aimant sur les herbes, le monde de sa mère, les livres et les idées du professeur. Tout le livre est dominé par l’immense amour qu’inspire à Ione l’innocence d’Ada.

Un livre fort, bouleversant et poétique.

  • « Un roman bouleversant. »
    M. Fary
    LE NOUVEL OBSERVATEUR
  • Ione est ce qu'on appelle en Toscane, une " corimante " : une guérisseuse, une magicienne, une cueilleuse de plantes, une sorcière... Ione est surtout une jeune fille qui vit et grandit dans l'Italie fasciste. Placée par sa grand-mère dans la famille du professeur, qui pense ainsi la sauver du désastre annoncé " et lui éviter de finir dans un bordel ", Ione fera tout pour tenter de conserver, au milieu de la nuit de ces années noires, sa part de lumière. De Florence à Palerme, elle part à la poursuite du bonheur, cet " éblouissement qui nous donne soudain l'impression que tout est parfait et juste ", croit pouvoir le trouver et le conserver. Elle est belle, et se pense laide, elle est bonne, elle est juste. Mais dans l'Italie mussolinienne la vie au quotidien est entièrement remodelée. L'aberration, la bêtise, la violence sont au pouvoir. Ne voit-on pas des soldats défiler au " pas romain ", version latine du " pas de l'oie " ou le Duce, se féliciter de la neige qui tombe sur Rome parce que la rigueur du climat ne peut que " durcir la race " ! Cela pourrait prêter à sourire, mais Ione, au fil des jours, apprend à vivre avec la tragédie. Anna, le professeur, et Ada, leur fille autiste, sont de " la religion de saint Joseph et d'Abraham ". lone, la petite bonne, la femme de chambre, la confidente, l'assoiffée de savoir; finit par prendre en charge toute la famille, par l'aider, allant jusqu'à donner à Anna, recherchée par la police politique, son passeport, donc son nom, donc son identité. Venue vivre, après un ultime voyage, dans un château surplombant la Rienza, alors que les Anglo-Américains viennent de débarquer en Sicile - nous sommes en juillet 1943 - Ione poursuit son ascèse. Les passages secrets entre la nature et les humains, entre les esprits et les mots existent. Le silence peut dire plus que la parole, les énigmes peuvent être percées. Ione le sait et Ione se souvient. N'est-elle pas petite-fille de guérisseuse ? Ne connaît elle pas les pouvoirs secrets de la nature et des hommes ? Mais que peut cette magie-là contre le bruit et la fureur de la guerre ? Hitler a délibérément sacrifié l'Italie. Il ne veut pas de la paix séparée proposée par Mussolini, ni de ce pays qui n'accepte ni de défendre son territoire ni de lutter pour le régime... Dans la maison, en Sicile, le cousin podestat avait affirmé que Hitler et Mussolini " n'avaient certainement pas les mêmes idées ", que l'Italie était une civilisation différente, ancienne, méditerranéenne. Pourtant, lors de ses promenades dans les grises dolomites qui barrent le monde autour de Rienzwalberg, entre cascades et herbes folles, forêt puissante et vent musical, Ione est confrontée au drame majeur de sa vie : un train, bourré de gens, doit partir de Bolzano pour un lieu tenu secret en Autriche. Quel livre dense et bouleversant que celui-ci, ambitieux aussi puisqu'il s'agit d'un premier roman. Baignées d'une lueur étrange, les pages de La Corimante nous parlent de la fragilité des êtres, de l'histoire, de la morale et de la dignité. Ione, la petite fille devenue adulte, attend que le wagon à bestiaux se soit arrêté et monte pour toucher ces yeux qui la regardaient derrière les planches. " Qui suis-je ? ", se demande-t-elle. Sans doute le récit de plusieurs récits, un réceptacle pour des vies passées et des vies à venir. En somme, Ione est une passeuse. Elle prend le jeune Benedetto dans ses bras, attend le premier ralentissement du train, et fait glisser l'enfant le long du pré tendre qui borde la voie - " lui seul parmi nous tous sera sauvé ". Il était une fois une jeune fille de quinze ans, belle, au teint sombre, qui se disait fille de sorcière. Que pouvait-il lui arriver dans cette Italie de la guerre, cette interrogation sans fin ? Rien, si ce n'est sauver une vie en donnant la sienne.
    LE FIGARO

Marcella Cioni est née en Toscane en 1943 et vit à Bologne. Son premier roman, La Corimante a été unanimement salué par la presse.

Bibliographie