Publication : 01/01/2000
Nombre de pages : 406
ISBN : 2-86424-337-7
Prix : 13.11 €

La Tragédie de la rue des fleurs

Jose Maria ECA DE QUEIROZ

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Langue originale : Portugais
Traduit par : Jorge Sedas
Ce roman a été écrit par Eça de Queiroz dans les années 1877-1878 et ne sera pas publié de son vivant, mais quatre-vingts ans après sa mort. Il n'a pas été revu par Eça de Queiroz, et lui a servi de trame et de base (notamment au niveau des personnages) pour d'autres de ses œuvres. Quoique à l'état brut, ce livre est pourtant celui dont Eça disait qu'il était "le meilleur et le plus intéressant". Lui-même décrivait ainsi le thème de l'ouvrage : "Il s'agit d'un inceste involontaire. Quelques amis à qui je communiquai cette idée et une partie de son exécution restèrent impressionnés, encore que légèrement scandalisés. Je ne veux pas dire que c'est immoral. C'est cruel."

Ce qui fait la richesse et l’originalité du roman par rapport à un thème qui, lui, est classique, c'est la transposition de cette "tragédie" dans le milieu portugais. On pourrait presque dire, d'ailleurs, que le personnage principal, c'est Lisbonne. Lisbonne omniprésente, avec sa faune, tout ce petit monde lisboète dont les horizons sont dépeints par Eça comme limités et médiocres, mais avec tant de tendresse et d'ironie qu'on peut se demander si, derrière l'apparent dénigrement, ne se cache pas un grand amour pudique pour cette Lisbonne des années 1780.

C’est une étude des mœurs de la bourgeoisie de Lisbonne, un roman naturaliste, qui réunit, autour des deux héros vivant une relation incestueuse bien involontaire (ou plus exactement : non consciente), des types caractéristiques, tels que le poète inepte, le militaire anglais, la gouvernante anglaise, des avocats, des domestiques, des brésiliens, tout un petit monde sur lequel Eça se penche avec une verve sarcastique, un sens du dialogue et de la mise en situation qui font de ce livre une œuvre attachante et unique.

On peut lire cette "tragédie" comme un roman, l'analyser comme un essai, la savourer comme une tranche de vie, ou la déguster comme le formidable témoignage d'une époque et d'un pays.

  • « D'un humour féroce, Eça de Queiros dissèque la molle société lisboète qui l'entoure. »
    Danielle Schramm
    TELERAMA
  • « L'écrivain-diplomate forme avec Camoes et Pessoa une trinité mythique. »
    Sean James Rose
    LIBERATION

José Maria de Queiros est né en 1845 à Povoa do Varzim, dans le Nord-Ouest du Portugal. Il était le fils illégitime d’un haut magistrat et d’une dame de l’aristocratie. Il a étudié le Droit à Coimbra, la très ancienne et très prestigieuse université portugaise. Il a côtoyé le poète socialiste Antero de Quental et l’historien et essayiste politique Teofilo Braga. Ses premiers écrits font déjà état de sa culture internationale, et notamment de sa connaissance de Flaubert. Avocat à Lisbonne, il écrit dans divers journaux et peut même être considéré comme un précurseur au Portugal du feuilleton de fiction dans des quotidiens. Il fait partie de cette « Génération de 70 » qui modifie sans doute bien des données culturelles et politiques du Portugal.
Administrateur civil de la région de Leiria (qui inspirera son premier roman : Le crime du père Amaro), il passe le concours de la diplomatie et est envoyé à la Havane en 1872. Désormais, il vivra très souvent à l’étranger, en particulier en Angleterre. Il fera cependant des séjours réguliers au Portugal. Entre-temps, il s’est marié à une dame de l’aristocratie portugaise. Entre 1893 et1897, il envoie régulièrement, depuis Paris, des Lettres ou des Billets à la Gazeta de Noticias au Brésil. Il cherche à interpréter les évènements à la lumière de ses immenses connaissances et de la pertinence de son esprit, avec une liberté surprenante. Quoique toujours favorable aux idées progressistes, il sait varier les points de vue de manière à pouvoir aller au-delà de toutes les apparences.
En 1889, il s’installe à Paris, où il restera comme consul du Portugal jusqu’à sa mort, dans sa résidence de Neuilly en 1900. Il ne cessera jamais d’écrire : romans, contes, récits journalistiques et une immense correspondance. On peut considérer qu’Eça de Queiros est le principal romancier portugais du XIXè siècle. Il est l’introducteur du réalisme au Portugal, il essayera de l’imposer de façon presque doctrinaire. Son extraordinaire capacité d’analyse et de critique de la société, alliée à une certaine distance, due en partie sans doute à sa position de diplomate, sa fine ironie qui peut aller jusqu’au sarcasme, lui valent des scandales. Ses dernières œuvres font cependant montre d’une sensibilité plus nostalgique, quoique constamment teintée de scepticisme.

Bibliographie