"Déroulant en de longs paragraphes resserrés les souvenirs entrelacés de plusieurs femmes, la démarche de Claudia Hernandez – des années d’entretiens et une écriture neutre, resserrée, d’une simplicité pure – se rapproche de celle de Svetlana Alexievitch. Comme elle, l’écrivaine salvadorienne parvient à faire entendre des récits subalternes et à dessiner une histoire alternative. Pourtant, ici, pas de doute sur le caractère littéraire de ce texte qui travaille à même la chair d’un réel social et géopolitique. Peut-être parce que, parfois, l’autrice a dû supprimer les enregistrements d’entretiens à la demande de femmes qui prenaient peur, et donc laisser plus de place à la littérature. Elle aboutit à un livre centripète, qui semble pouvoir s’auto-engendrer à l’infini, qui parle depuis un temps indéfini, s’approchant du présent mais sans s’y arrêter jamais, comme s’il était trop effrayant que l’écriture parvienne à incarner une douleur passée au présent. La lecture se fait en apnée tant sont écrasantes l’intensité de la narration et la tension de ce rythme effréné qui ne ménage aucune respiration. Dessinant un immense espace mental commun à toutes ces femmes, à la fois dur et magnifique, Défriche coupe brûle est un grand roman."
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