Dans la presse

Le Monde du polar

Manuel Meszarovits

« Julie Morineau offre à son héroïne une profession rarement vue en littérature, et cette profession devient très vite la grille de lecture du roman tout entier. […] Sans jamais virer au cours magistral, Julie Morineau transforme la vulgarisation en ressort dramatique et rappelle que toute technologie possède une généalogie, des parrains et des bailleurs de fonds. […] La construction en chapitres brefs, chacun coiffé d’un lieu en guise de géolocalisation imprime un tempo nerveux, alterne les points de vue et multiplie les angles, à la manière d’une carte qu’on compléterait par couches successives. L’intrigue progresse ainsi par recoupements plutôt que par coups de théâtre gratuits, et chaque information glanée redessine l’ensemble, offrant au lecteur le plaisir rare de raisonner avec les enquêteurs plutôt que derrière eux. […] Thriller technologique et politique, roman d’idées sur la souveraineté numérique et le capitalisme des données, satire du monde de l’entreprise, chronique d’amitiés et de liens familiaux : Julie Morineau tisse ces fils avec la méthode de son héroïne, en privilégiant les connexions plutôt que les effets. […] Ce roman s’adresse aux amateurs d’enquêtes qui aiment comprendre les mécanismes plutôt que seulement en suivre les rebondissements, et à tous ceux qui se demandent ce que deviennent leurs traces numériques. Zoé Simone, avec ses doutes, ses cigarettes à la fenêtre et son carnet couvert de flèches, s’impose comme une enquêtrice d’un genre singulier, qui ne porte ni badge ni arme mais un regard capable de relier ce que d’autres croyaient dissocié. Sa démarche finit par contaminer celle du lecteur, qui se surprend à chercher les liens, à interroger les financements, à regarder autrement les plateformes qu’il fréquente chaque jour. C’est peut-être là le geste le plus précieux de ce livre : apprendre à lire le monde comme une carte en perpétuelle construction. »

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