Dans la presse


Arni Thorarinsson :

Comme je le disais, jusqu'à il y a dix ans il n'y avait pas de romans policiers dans la littérature islandaise. En fait, « l'establishment » littéraire regardait de haut les romans policiers, ils étaient considérés comme des « pulps » de mauvaise qualité, cochonneries de seconde ou troisième zone. Cela a changé, et à mon avis les raisons en sont nombreuses. Premièrement le public était prêt gr?ce à la popularité croissante des romans policiers étrangers, de la télévision et des films. Deuxièmement, la société islandaise a cessé d'être isolée et « innocente », les gens voyagent, des étrangers visitent le pays, et la technologie, avec Internet, l'a ouverte à toutes les influences d'autres sociétés, influences à la fois positive et négative, criminelle et créative. Troisièmement, quelques fous ont voulu voir si une littérature policière islandaise pouvait vivre sur cette nouvelle terre, et ils ont réussi. Quatrièmement, ils ont eu assez de succès pour que l'expérience continue, ce qui signifie que ce n'est plus une expérience. Au début on était trois ou quatre. Maintenant dix auteurs écrivent des romans policiers en Islande. C'était le bon moment, la société était mûre, les lecteurs et les écrivains étaient prêts. Aujourd'hui le roman policier est sans doute le genre le plus populaire de notre littérature. Même l'establishment c'est calmé ; deux romans policiers ont été sélectionnés pour le Prix de Littérature Islandaise, et l'un d'eux est Le temps de la sorcière.