Publication : 03/04/2008
Nombre de pages : 352
ISBN : 978-2-86424-651-0
Prix : 21 €
Disponible

Carnets sauvages

(Chez les Surui du Rondônia)

Betty MINDLIN

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Titre original : Diaros da Floresta
Langue originale : Portugais (Brésil)
Traduit par : Meei Huey Wang

Betty Mindlin est arrivée en mai 1979 chez les Suruí, le long de la BR-364 qui relie Cuiabá à Porto-Velho, alors qu’ils conservaient encore intactes leurs coutumes et leur système traditionnel. Lors de ce premier séjour, elle a rencontré un paradis.
On pourrait dire que les habitants du paradis l’ont trouvée à leur goût. Pas un jour où elle ne fut demandée en mariage malgré la protection et la prude affection du chaman Náraxar. C’est là, à l’abri des ocas, grandes maisons communautaires, entre les corps invitants de l’intérieur et les fantômes de l’extérieur, enveloppée par un chœur de rires amicaux, entre invites, jalousie, menace, cajoleries et petits travaux de la vie quotidienne, qu’elle apprend tout de ses hôtes et se découvre dans sa vérité de femme blanche et de mère éloignée des siens. Au long de sept voyages, elle connaît avec eux la guerre contre les trafiquants de diamants, la modernisation et la découverte du travail salarié…
Ces carnets, qui couvrent ses séjours entre 1979 et 1983, même et surtout parce qu’ils ont été revisités, retravaillés pour mettre en scène les gens et les mythes, sont soutenus par des observations anthropologiques rigoureuses mais jamais encombrantes dont la pertinence s’impose au regard de cette ethnologue enjouée, choisie et adoptée par « ses Indiens préférés ».
Betty Mindlin, curieuse et gourmande, fait du lecteur son compagnon de voyage et nous raconte ce monde différent avec une simplicité, une vitalité et une acceptation de l’autre exceptionnelles.

  • « Dans ses carnets de terrain, l'anthropologue brésilienne nous propose une merveilleuse aventure chez les Surui, un peuple vivant à la limite des Etats brésiliens du Rondônia et du Mato Grosso. »

    Emmanuel Romer 
    LA CROIX
  • « Pendant cinq ans, l’anthropologue Betty Mindlin a partagé la vie d’une tribu Surui. Ses carnets sauvages décrivent de manière savoureuse et dramatique l’impact de la civilisation sur un monde qui l’a fascinée. »
    Patrice Favre
    LA LIBERTE

 

EN ROUTE VERS LES INDIENS, AVANT LES SIX VOYAGES

6 mai 1979

Étendues dans les hamacs de la véranda de la maison de bois, un bâtiment voisin du hameau perdu de Riozinho, seule marque humaine dans une friche entourée de forêt, Carmen et moi contemplons le bleu du ciel et l’ipé aux fleurs jaunes, presque à portée de main, anxieuses d’atteindre rapidement les villages des Indiens et rongeant notre frein.
Trouver un transport jusqu’aux terres indigènes prendra peut-être une semaine. Pendant ce temps, Celina et Aimoré Cunha da Silva, l’administrateur du parc d’Aripuanã, nous hébergent généreusement chez eux.
Aimoré, qui vient toujours nous chercher à notre arrivée de São Paulo, nous attendait avant-hier, avec sa chaleur habituelle, sa barbe noire, dodu, nous faisant signe de la salle précaire qui mérite à peine le nom d’aéroport. Quand l’avion a atterri à Ji-Paraná, au cœur de l’État de Rondônia, nous avons eu la sensation de tomber droit dans la forêt vierge, masse verte d’arbres majestueux entaillée uniquement par la courte piste d’atterrissage. À peine la porte ouverte, les chants, sifflements et gazouillis d’oiseaux étranges nous ont submergées en même temps que la vague de chaleur.
Avec lui, nous avons pris la BR-364, tant bien que mal inau­gurée dans les années 70 et déjà nommée route Cuiabá-Porto Velho, route de terre toute défoncée. Nous avons mis plusieurs heures pour parcourir les 130 kilomètres jusqu’à Riozinho, un peu avant Cacoal. Par chance, les pluies avaient déjà cessé, sinon nous serions restés embourbés. La jeep d’Aimoré, une vieille guimbarde, progressait par cahots successifs. Dans les derniers kilomètres, les phares se sont éteints, les grillons se sont allumés, comme dans un poème de Lorca. Le clair de lune nous a guidés pendant que nous tenions une conversation animée sur les drames de la région.
Aimoré nous a accueillies avec espoir, comme si nous pouvions apporter une aide magique dans cette région si éloignée. Les Indiens sont sa passion. Il leur consacre sa vie, avec tout son dévoue­ment et toute son honnêteté. Homme du Sud en exil, il est, depuis 1976, un des principaux collaborateurs de Apoena Mei­relles, chef de la délégation de la Funai* à Rondônia, grand défenseur des indiens de la région et qui nous a invitées à venir travailler ici.
Aimoré a pour juridiction le parc d’Aripuanã, des terres qui atteignent maintenant plus de 3 millions d’hectares comprenant les Suruí, les Cinta-Larga et les Zoró, des peuples qui parlent des langues du tronc tupi et de la famille mondé. La tâche la plus pressante est de garantir en fait et en droit les terres de ces peuples avec qui le contact vient d’être établi, les Suruí et les Cinta-Larga en 1969, les Zoró en 1978.
Le parc a été créé en 1969, mais, au cours de ces dix pre­mières années, divers décrets ont réduit le territoire indigène à moins de la moitié de la superficie initialement prévue. Les terres des Gavião et des Arara, par exemple, devaient être contiguës au parc, mais diffé­rentes fermes, comme celle des Châtaigniers (do Castanhal), se sont appropriées les terres des indiens, occupant la bande qui devait les relier aux Suruí. Les Cinta-Larga, dont un grand nombre n’avait pas encore été contacté, ont perdu de grandes étendues à l’est, comme celles du Rio Vermelho. Préserver ce qui a été épargné par les inva­sions, les orpaillages, les élevages de bétail, les nou­velles routes, les colons, les projets de colonisation, les villages et villes nouvelles est une véritable prouesse, qui exige une sur­veillance continue et des ressources que la Funai ne possède pas.
La région de Serra Morena, celle de l’étude de Carmen, est menacée par des invasions et le marquage de ses frontières est erroné. La Codemat, Compagnie de développement du Mato Grosso, a commencé à ouvrir une route qui va traverser les terres des Cinta-Larga. Il semble impossible de conserver intactes les frontières autrement que par la force. Et les Zoró, si vulnérables, qui n’ont fait la paix avec la Funai qu’en 1978 et qui n’ont que des terres provisoirement interdites ?
Dans les terres du Sept Septembre, celles des Suruí, une entre­prise illégale, l’Itaporanga des frères Melhorança de São Paulo, vendait les terres indigènes aux colons depuis 1971. Un des Melhorança est devenu chef des envahisseurs, devenant même maire d’Espigão do Oeste, petite ville fondée sur les terres des Suruí. Dans les terres suruí interdites en 1974, pas encore délimitées, le nombre d’envahisseurs a atteint un chiffre estimé à mille familles, dont beaucoup sont lourdement armées. Lorsque les Melhorança ont été démasqués, une bonne partie des colons, migrants pauvres du Sud, qui avaient acheté à l’entreprise des titres de propriété des terres, ont été expulsés manu militari par l’Incra, en 1976, après maints conflits et coups de feu. Mais les Suruí n’ont pas récupéré ce qui leur appartenait, et de nom­breux occupants illégaux sont restés sur les terres indigènes. La démarcation de 1976 des terres suruí leur a attribué 220 000 hectares, mais une superficie équivalente est restée entre les mains des envahisseurs. Le pire est que les invasions ont recommencé dans les terres démarquées.
En 1976, une histoire d’amour a alimenté l’esprit guerrier des Suruí. Un Indien, Oréia, est tombé amoureux d’une jeune blonde appartenant à une famille de colons de Espírito Santo, et l’a ramenée au village pour vivre avec eux. La jeune fille avait un fiancé, un cousin, qui est venu quelques mois plus tard la chercher, et tous deux se sont enfuis. Désespéré, Oréia s’est vengé en tuant un membre de la famille de la fille. Les colons, à leur tour, ont lancé des représailles, tuant Oréia lors d’une embuscade, à laquelle un autre Suruí, Atamuya, a réussi à échapper.
La consternation et la révolte des Indiens ont explosé. Le frère d’Oréia, Anine, chef éloquent, a armé ses compagnons et pris d’assaut le poste de la Funai, en menaçant de tuer beaucoup de monde si la terre n’était pas garantie. Les colons, pour empêcher qu’on aide les Indiens, coupaient le passage de Cacoal vers les terres indigènes, en bloquant la route déjà précaire. Il a fallu beaucoup de négociations de la part d’Apoena pour qu’un retour relatif à la normale soit possible.
Aujourd’hui, en 1979, il reste encore beaucoup de familles d’envahisseurs des terres suruí : environ deux cents. Un de ces migrants de l’État de Espírito Santo vient d’installer une scierie, pas très loin du poste de la Funai, le Sept Septembre. Aimoré et Apoena sont obligés de faire constamment des démarches pour trouver une solution pacifique.
Des alliés occasionnels surgissent, mais ensuite disparaissent comme ils sont venus. Aimoré nous a raconté qu’un jour, un général est arrivé dans le territoire de Rondônia, disposé à pré­server les terres indigènes, voire à militariser la région, en cas de besoin. Sa prise de position a encouragé un lieutenant, qui pendant des mois a été très actif en faveur des Indiens. Toute­fois, peu après, d’autres militaires sont arrivés, et le même général a fait marche arrière, obligeant le lieutenant et son détachement à se retirer. N’oublions pas que le Brésil est une dictature militaire…
Aimoré est persécuté et menacé par des propriétaires et des occu­pants illégaux des terres ; il y a toujours le risque de se prendre une balle. Il a été arrêté sur la BR l’année dernière. La police a saisi son fusil, comme si dans cette région il n’était pas indispensable d’avoir une arme, ne serait-ce que pour se pro­téger contre les bêtes sauvages. Il a été accusé d’inciter les Indiens à la lutte armée. Peu après, le militaire qui l’avait arrêté a lui-même été arrêté pour vol.
La violence et les assassinats constituent la règle. Dans la ferme Prospérité, près de Riozinho, accaparée par un pro­priétaire illégal venant de la ville de Presidente Prudente, cinquante travailleurs ont été expulsés. Ils ont gagné leur procès en justice et sont revenus. L’administrateur a commandé cinquante cer­cueils, comme avertissement de vengeance, mais il a été tué, on ne sait par qui, et les travailleurs sont restés. Un patient du dentiste de Cacoal qui aide la Funai a tué un homme, mais il n’y a jamais eu dénonciation ou procès. Le dentiste se doutait bien qu’il bouchait les caries d’un tueur à gages, dont le métier était de trouer les autres… Plus personne
ne s’effraye des coups de feu : à Cacoal, on entend des déto­nations et on voit des corps tomber de temps à autre. À Vilhena, en venant ici, nous avons vu un avocat se faire abattre dans la rue, d’une balle en plein cœur, peut-être pour des questions de terre. L’assassin a pris la fuite sans problèmes, nous l’avons même aperçu en train de détaler.
Nous avons rencontré un médecin de la Funai de Porto Velho, qui a vu beaucoup d’assassinats commis par le Parasar, l’unité d’élite de l’armée de l’air, qui jetait des gens du haut d’un avion. D’où peut-être un certain déséquilibre mental chez lui, qui soigne les Indiens avec un dévouement relatif. Un autre méde­cin de Cacoal, le docteur Toshio, aide Aimoré à soigner les Indiens pour les nombreuses maladies – tuberculose, palu­disme, grippes et pneu­monies – qui entraînent une forte mortalité infantile.
Aimoré nous a parlé des orpailleurs et ouvriers du caout­chouc entrant sans gêne chez les Gavião et les Arara, dont les terres sont proches du parc d’Aripuanã.
Éviter les attaques contre les Indiens est un travail quotidien qui exige de la vigilance. Une Indienne Suruí a été violée à Riozinho, dans la Maison de l’Indien, et Aimoré l’a emmenée porter plainte à la police. Elle ne parlait pas un mot de portugais, l’interprète suruí à peine plus. Quand on demanda à la jeune fille à qui ressemblait le criminel, elle a montré du doigt le portrait du président Geisel accroché au mur…
Pendant les longues journées que nous devons passer ici (presque une semaine), nous faisons connaissance et lions amitié avec les habitants du hameau, dans l’unique rue, des gens durs à la tâche qui viennent de loin, des travailleurs agricoles, des petits commerçants, les employés de la Funai, des enseignantes, des auxiliaires de santé, des péons qui s’attaquent à la forêt.
La maison de Celina et Aimoré est toujours remplie de visi­teurs indiens, en particulier les Suruí, qui habitent plus près. Le
pre­mier Suruí à qui je parle est Iabanor, c’est de lui que j’ai entendu le premier mot dans cette langue étrangère, le feu, moquein, annonciateur des flammes qu’ils peuvent allumer en moi.

 

En octobre 1978, il y a quelques mois, Carmen, son mari Abel de Barros Lima et moi avons fait le premier voyage à Rondônia, sur la suggestion de Apoena Meirelles, qui avait participé avec Carmen à une réunion de défense des Indiens à São Paulo et qui rêvait de faire venir dans la forêt une anthropo­logue s’opposant à la dictature, qui soit une connaisseuse de la société indigène et qui soit engagée pour la justice sociale comme un tout.
En 1969, Apoena, à vingt ans seulement, et son père, Fran­cisco Meirelles, que nous n’avons pas connu, ont établi le contact avec les Suruí.
Apoena avait eu beaucoup d’influences de gauche : sa tante Rosa, qui a été en prison avec Olga Benário pendant la dictature Vargas, et son grand ami Cotrim, un spécialiste du Nordeste, très combatif. Il avait grandi parmi les Xavante, mais désormais concentrait son énergie et sa force de combat dans la défense des peuples et la démarcation des terres indigènes de Rondônia.
Le trio inséparable nous a reçu à Ji-Paraná : Apoena, Aimoré et José do Carmo Santana, dit Zé Bel. Spécialiste chargé du contact avec les Zoró, Zé Bel est un habitué des dangers des expéditions dans la forêt, et il est le chef du front d’attraction, comme ils appellent la campagne de rapprochement des Indiens dans la forêt qui rejettent ceux de l’extérieur, en fuyant ou en les combattant.
La ville, au bord du fleuve Machado ou Ji-Paraná (Ji signifie “machado”, “hache”, en tupi, Paraná est “fleuve”), est encore petite, boueuse, quelques rues encerclées par la jungle. Nous dor­mons à l’hôtel de l’Ami, auberge simple sur la place prin­cipale, un hôtel “traditionnel” de la ville. Pendant plusieurs jours, nous avons été emmenées par l’équipe dans un petit avion dans quelques-unes des prin­cipales zones sous la juridiction d’Aimoré : une façon de choisir le peuple auquel chacune de nous allait se consacrer.
La première escale s’est faite au poste indigène Lurdes, village des Gavião-Ikolen de Rondônia, contactés dans les années 50. Avec eux vivaient les Zoró, qui venaient de faire la paix avec la Funai. Au centre du village se détachait leur belle maison traditionnelle de paille, longue et ovale. C’était tentant de faire l’étude avec eux, dont la vie était encore celle de la forêt, mais Apoena nous en a dissuadé : ils marchaient très vite dans la jungle, en guerriers méfiants, et, ne connaissant pas nos habi­tudes, ils n’auraient peut-être pas la patience de nous attendre et seraient capables de nous abandonner. Ce pouvait être dangereux.
Près du fleuve Roosevelt, nous sommes passés par le poste des Cinta-Larga, des groupes Mam et Kakin, où, en 1971, deux jeunes employés de la Funai, Acrísio et Possidônio, ont été tués par les Indiens, sur l’incitation d’orpailleurs envahisseurs.
De là, nous nous sommes dirigés vers Serra Morena, domaine des Cinta-Larga du groupe Kaban. Vents et tempête nous ont gardés dans les airs pendant un moment qui m’a semblé une éternité : il n’était possible ni de descendre ni de continuer. Les nuages semblaient vouloir confirmer ce qu’il y a de téné­breux dans cette région, celle du Parallèle 11, où des travailleurs du caoutchouc liés aux familles Arruda et Junqueira, du Mato Grosso, ont exterminé tout un village en 1963. Le massacre a été dénoncé en 1966 par un des participants, et l’indignation ainsi provoquée a contribué à la création du parc d’Aripuanã, en 1969. Carmen avait déjà décidé de travailler sur ce groupe des Cinta-Larga, horrifiée par la tuerie et décidée à prouver que tous les Junqueira n’étaient pas les mêmes.
De Serra Morena et son nom quichottesque, nous sommes partis vers le sud, survo­lant l’impressionnante immensité verte. Lors­qu’une clairière contenant cinq grandes ocas* ovales ainsi que plusieurs autres plus petites, également de paille, est apparue comme un accroc dans cette étendue verte – donnant un tableau exemplaire des Indiens tels que nous les imaginons dans la jungle, sans nos influences, si différents de ce que nous sommes –, mon enthousiasme s’est éveillé et j’ai choisi sans avoir vu les habitants de près : nous nous trouvions au-dessus de la Terre Indigène Sept Septembre, celle des Suruí. L’affection d’Apoena pour eux m’a influencée : ils étaient sans l’ombre d’un doute ses préférés.
Nous avons passé une nuit au poste Sept Septembre, nous avons visité les belles ocas à la lueur de la lune et rencontré le grand chef, qui, deux jours plus tôt, avait tué toute une famille d’Indiens Zoró, ennemis traditionnels des Suruí. Apoena l’a appelé pour une remontrance très ferme, en l’incitant à la paix, et m’a présentée comme une future visiteuse.

 

Le départ est décidé pour demain, chacune de nous en route vers son destin. Une fois les provisions achetées, avec quelques cadeaux pour les Indiens, comme des hameçons, des petites culottes pour les femmes, nos sacs à dos et autres paquets s’entassent. Nos hamacs se balancent, bercés par les fantômes de la nuit, glissant sur les majestueux fleuves des attentes.

Betty Mindlin, anthropologue, a aujourd’hui une très forte responsabilité dans la préservation des mythes des peuples indigènes brésiliens.
Reconnue à l’échelle internationale pour son engagement dans la cause indigène, elle a débuté sa carrière au début des années 70, pendant le régime militaire dictatorial , en combattant pour la démarcation de zones indigènes. Passant des campagnes au monde académique, elle obtient son diplôme en Anthropologie à la Pontifícia Universidade Católica de São Paulo, et aide à fonder l’Instituto de Antropologia y Meio Ambiente (IAMA), organisation non gouvernementale créée en 1987 et consacrée à l’étude des peuples indigènes et de leurs mythes.
Le résultat de ses recherches est présenté dans l’ensemble de ses livres qui sont devenus de grands classiques de l’Anthropologie contemporaine dans les librairies brésiliennes : parmi eux, Moqueca de Maridos –Fricassée de Maris- et Terra Grávida publiés par Editora Rosa dos Tempos (appartenant au groupe Record editora).
Moqueca de Maridos, en 1997, a remporté le prix très convoité de l’Associação Paulista de Críticos de Arte dans la catégorie Contes/Folklore, en relatant la tradition orale de cinq tribus indigènes au travers des mythes érotiques. Ce titre est depuis traduit en Anglais et en Français. Dans Terra Grávida, elle tisse ensemble des récits, organisés selon les objets de la création du monde, placés par ordre d'aspect. Claude Lévi-Strauss écrit : « Terra Grávida est un précieux complément de son travail antérieur. Dans ce livre, comme dans les autres, la mythologie riche des peuples dont nous ne connaissions rien, a été recueillie. En fait, l’ensemble constitue une impressionnante collection qui sera rangée parmi les grands classiques de la mythologie Amérindienne. Je m’en réjouis. »

Bibliographie