Publication : 24/08/2006
Nombre de pages : 408
ISBN : 2-86424-585-8
Prix : 23 €

Faut être prudent au pays de la liberté

James KELMAN

ACHETER
Titre original : You have to be careful in the land of the free
Langue originale : Anglais
Traduit par : Céline Schwaller

Jeremiah Brown, le narrateur du dernier roman de James Kelman, a décidé de quitter les États-Unis pour rendre visite à sa mère en Écosse. Pendant cette dernière nuit dans son pays d’adoption – qui ne sera sans doute pas sa dernière nuit – Jeremiah échappe à sa sinistre chambre de motel, au fin fond de nulle part, pour aller faire la tournée des quelques bars du coin et réfléchir à sa vie, un peu ratée, d’immigré en Amérique. Une vie faite de petits boulots, de rencontres fortuites avec d’autres immigrés comme lui, mais animée aussi par son refus de l’ordre établi, quel qu’il soit, et son amour pour Jasmin, son ex-amie, chanteuse de jazz et mère de son enfant. Dans un long monologue intérieur, entrecoupé de menus incidents autour des bières qu’il déguste, Jeremiah tente confusément de comprendre sa rupture avec celle qu’il continue à aimer à sa façon, sans emphase et sans fioritures. Comme tant de personnages dans l’univers romanesque de James Kelman, Jeremiah Brown n’est ni héros ni antihéros : c’est un homme ordinaire, abonné aux jeux de hasard, y compris les plus extravagants (les paris sur les accidents d’avions…), athée et rétif à l’autorité dans un pays étrange, souvent peu accueillant pour l’immigré qu’il est, mais qu’il ne se résout pourtant pas à quitter.La voix de ce roman, tout comme celle du Poinçonneur Hines ou du Mécontentement, a toujours cette qualité rare, cette énergie puisée dans la vie de tous les jours. Elle tangue entre la violence du refus de Jeremiah d’accepter les contraintes d’une vie de salarié précaire et l’humour anarchique de celui qui n’arrive jamais à se prendre complètement au sérieux. James Kelman est un des grands explorateurs contemporains de l’existence des gens ordinaires.

  • « C'est la fureur de dire qui anime la cascade de digressions de Jeremiah Brown, au seuil du retour au pays après douze ans d'exil aux états-Unis. Douze ans de solitude traversés d'amours bancales, de petits boulots, de petites humiliations empilées et d'une étincelle, sa fille, que son ex a emmenée avec elle en le quittant. [...] Kelman fouille et trifouille dans la moelle des relations humaines. Il le fait violemment, avec un humour anarchique, une mélancolie agressive et, oui, une certaine forme de génie. »
    Judith Steiner
    LES INROCKUPTIBLES

Fils d’un restaurateur-encadreur, James Kelman est né à Glasgow en 1946. À 15 ans, il quitte l’école et sa famille émigre aux États-Unis où il vit un temps avant de retourner à Londres et Édimbourg. Il devient chauffeur de bus et commence à écrire à 22 ans. En 1983, il publie son premier recueil de nouvelles, Not Not While the Giro ; puis viendront, entre autres, Le Poinçonneur Hines (1999), Faut être prudent au pays de la liberté (2006). En 1989, il obtient le James Tait Black Prize pour Le Mécontentement (2002), et en 1994 le Man Booker Prize pour Si tard, il était si tard (2015). Il habite à Glasgow.

Bibliographie