Publication : 14/01/2021
Pages : 208
Grand Format
ISBN : 979-10-226-1079-7
Couverture HD
Numerique
ISBN : 979-10-226-1084-1
Couverture HD

Les Vilaines

Camila SOSA VILLADA

ACHETER GRAND FORMAT
18,60 €
ACHETER NUMÉRIQUE
12.99 €
Titre original : Las malas
Langue originale : Espagnol (Argentine)
Traduit par : Laura Alcoba
Prix
  • Sélection Fnac Rentrée hiver - 2021
  • Sélection Cultura Rentrée hiver - 2021
  • PRIX SOR JUANA INÉS DE LA CRUZ - 2020

La Tante Encarna porte tout son poids sur ses talons aiguilles au cours des nuits de la zone rouge du parc Sarmiento, à Córdoba, en Argentine. La Tante – gourou, mère protectrice avec des seins gonflés d’huile de moteur d’avion – partage sa vie avec d’autres membres de la communauté trans, sa sororité d’orphelines, résistant aux bottes des flics et des clients, entre échanges sur les derniers feuilletons télé brésiliens, les rêves inavouables, amour, humour et aussi des souvenirs qui rentrent tous dans un petit sac à main en plastique bon marché. Une nuit, entre branches sèches et roseaux épineux, elles trouvent un bébé abandonné qu’elles adoptent clandestinement. Elles l’appelleront Éclat des Yeux.

Premier roman fulgurant, sans misérabilisme, sans auto-compassion, Les Vilaines raconte la fureur et la fête d’être trans. Avec un langage qui est mémoire, invention, tendresse et sang, ce livre est un conte de fées et de terreur, un portrait de groupe, une relecture de la littérature fantastique, un manifeste explosif qui nous fait ressentir la douleur et la force de survie d’un groupe de femmes qui auraient voulu devenir reines mais ont souvent fini dans un fossé. Un texte qu’on souhaite faire lire au monde entier qui nous rappelle que « ce que la nature ne te donne pas, l’enfer te le prête ».

  • "Un roman plein d’énergie sur la joie et la douleur d’être Reines dans un monde très violent."
  • "Un roman sur le quotidien joyeux et tragique des femmes trans en Argentine."
  • "Au-delà de la confession personnelle, ce qui séduit le lecteur, ce sont les figures, toutes plus attachantes dans leurs personnalités aux parcours compliquées, des différentes trans -Maria la muette, Nadina et Natali, la trans louve-garou, Machi Trans la soigneuse, et, bien sûr, la reine Encarna-, la description sans fard de la violence de leur quotidien, mais aussi leur tendresse partagée, leurs rires et leur liberté, l’irrépressible quête de joie qui les anime. Et c’est ce sentiment qui demeure, malgré les incidents tragiques auxquels elles sont sans cesse confrontées, quand on referme le livre, cette douceur de la « fête » des trans… Merci à Camila Sosa Villada de l’avoir si magnifiquement chantée !"
    Vincent Gloeckler
  • "Par la voix de Camila, c'est la chronique (extra)ordinaire de ces femmes travailleuses du sexe, fortes et fragiles qui, entre drogues, silicone et humour ravageur, clament leur droit de vivre et d'aimer dans la dignité comme dans l'excès. C'est un livre singulier, cru et bouleversant sur ces reines de la nuit, farouchement libres et différentes, en butte à la violence, à la haine et aux persécutions. Un texte remarquable sur la "fête d'être trans", tragique et résilient, où le fantastique tient une grande place."
  • "Un roman qui dresse la poésie et l’amour comme véritables remparts face à la violence du monde. Des portraits individuels flamboyants qui donnent une grande force à ce sentiment collectif qu’est la sororité."
  • "Aucun misérabilisme ni voyeurisme dans ce formidable premier roman: C’est un conte de survie furieuse et d’infinie tendresse […] De leurs larmes éternelles comme la neige, elles créent tantôt des bijoux, tantôt des lames de rasoirs et « celles de nous qui restent brodent des paillettes sur nos linceuls ».Superbe !"
    Elia
  • "Dans ce récit intime où se mêlent souvenirs d’enfance et moments de vie adulte, Camila nous immerge dans toute la démesure et l’extravagance de son monde. Un récit qui rend hommage à toutes ces femmes et à ce cocon qu’elles ont su construire face à la drogue, aux viols, à l’injustice, aux maladies, à la pauvreté, aux injures, … Un premier roman à la plume baroque et cru, qui nous parle de corps, de choix, d’amour mais surtout de vie."
    Lilou
  • "Un vrai joyau sud-américain étourdissant. Une histoire de femmes trans qui ont le courage de mille autres, entre réalité cruelle, fantaisie et tendresse. “Tante Encarna et ses filles” ou le conte de fées féroce d'une communauté cabossée en quête du bonheur. C'est beau, mais BEAU ! à en perdre la tête."
  • "Quel beau roman sur la transidentité. C'est juste, tant dans la grâce que la cruauté, les désirs et la réalité brute et brutale. Grosse émotion face à cette galerie de personnages, la petite touche de réalisme fantastique donne une belle dimension au texte. Vraiment l'équilibre entre symbolisme et chronique sociale est très bien tenu. Je suis vraiment épaté par cette jeune auteure."
    Ronan
  • "Camila nous raconte sans fard ces femmes incroyables ; outragées, victimes d’un milieu hostile, qui battent le pavé de leurs talons aiguilles pour survivre ; tantôt splendides poupées de silicone, tantôt chiennes guerrières. L’écriture, tantôt incisive, tantôt poétique, plutôt bienveillante, transporte l’émotion."
    Florence
  • "Un premier roman entêtant qui dépeint avec talent les vies cabossées mais pleines d’énergies des transsexuelles du Parc Sarmiento de Córdoba. C’est furieux et grandiose. Ça prend aux tripes !!!"
  • "Les Vilaines est un texte brut, engagé et vibrant. Crudité des situations, esthétique à la Almodovar, scènes autobiographiques, un roman qui vous happe et qui vous élève. A lire !"
    Lucie
  • "Dans ce premier roman, Camila Sosa Villada fait le portrait tendre et vibrant de ces femmes qui sont nées dans le mauvais corps […] A la fois récit réaliste et conte sombre et poétique, Les Vilaines délivre un message fort de sororité, d’amour de la vie, malgré les violences subies, les meurtres, la peur au ventre en permanence…"
  • "Tragique et poétique, son roman se fait chair, sang, pleur, souffrance et rêve en même temps. Onirique et tendre, sa plume caresse la question de l’identité transgenre pour mieux l’incarner et nous faire espérer en un monde meilleur. Merveilleux et exubérant, c’est l’âme latino qui vibre dans ce roman."
    Sébastien
  • "C'est à la fois le récit d'une vie de prostituée trans en Argentine et un conte psychédélique peuplé de personnages extraordinaires et attachants. Alternant galerie de portraits et souvenirs personnels, la narratrice nous raconte la violence du quotidien de celles qui vivent dans la maison de Tante Encarna tout en parsemant page après page des touches de merveilleux qui nous plongent dans une ambiance envoûtante. Un roman fascinant et bouleversant."
  • "Ce roman est un feu de joie, dont les flammes rivalisent de beauté et d’anéantissement. Splendide !"
  • "Un premier roman surprenant, qui mêle des tons, des sonorités, des images, des personnages, des histoires qui nous disent vaguement quelque chose, un bout de Vargas Llosa, un bout de Pedro Almodovar, mais avec des petits bout on ne fait pas une belle étoffe, il faut plus de tissu, et un sacré savoir-faire, et pour un premier roman la matière est là, le coup de main aussi! C'est parfois cru, parfois violent, parfois sombre, et parfois joyeux, lumineux, il y a de l'amitié, de l'amour, de l'humanité, du partage dans ces pages. Des choses étranges aussi parfois, échappées d'un rêve, des images, des métaphores et des métamorphoses, du réalisme magique. Le verbe et la chair. Bravo."
    Aurélie Janssens
  • "De ce roman fiévreux au relent de whisky flambé à la somme de leurs folies, émanent des figures incroyables, des flammèches autant que des comètes, des ombres autant que d'immenses lumières. […] L'écriture de Camila Sosa Villada est en fusion ; fusion des sens et de la douleur ; fusion des cœurs et des genres. […] C'est écrit avec les tripes, c'est beau comme une tragédie faite de parpaings, d'amour et de stupre ! Ça te remue parce que ça cause de différence, et de droit de vivre comme on l'entend et que ce n'est pas à cause de ça qu'on devrait te marcher sur la gueule. […] L'écriture de Camila Sosa Villada est incisive, vive, elle palpite à chaque phrase, elle hurle de vivre. Elle écrit ces Vilaines avec tellement de bonté, tellement de poésie et de fougue que le cœur tantôt se serre tantôt explose. […] Un roman profondément émouvant, jamais pathos, immensément : "putain, c'est beau ce livre !". C'est de la sorcellerie."
    Fabien B.
  • "Imaginez ce roman comme un fabuleux cyclone : vous êtes assis confortablement et le voilà qui vous emporte. Dans ce tourbillon vous allez croiser une galerie de personnages incroyables, des fleurs, du sang, des plumes, de la poudre blanche, des paillettes, du sperme, des couleurs, et beaucoup de noir aussi. Une fois sorti de l’œil du cyclone, vous serez sans aucun doute soufflé. Quelle force brute dans les mots de Camila Sosa Vilada ! […] Véritable conte où l'on croisera des femmes louves ou oiseaux, des "Hommes sans tête", et ces femmes un peu sorcières un peu princesses, ces reines de la nuit qui crient leur volonté d'aimer et d'être aimées. Une ode à la sororité, un magnifique doigt d'honneur aux méprisants, aux virilistes et aux mauvais. "Être trans est une fête" indique la quatrième de couverture, et quelle fête ! C'est drôle et tragique, sombre et bigarré, tendre et violent, c'est à lire absolument !"
    Sixtine
  • "Pépite à découvrir absolument ! Un premier roman flamboyant qui raconte la fureur et la fête d'être trans, un portrait de groupe autant qu'un manifeste explosif. Partez à la rencontre d'une incroyable communauté de prostituées trans au cœur de Cordoba, en Argentine. Des vies cabossées racontées avec un optimisme lumineux et une touche de merveilleux. C'est magnifique, trash, lumineux, plein de rires et de larmes."
  • "Quelle découverte, quelle claque ! Le groupe de trans du parc est bien connu à Acapulco. Elles fascinent et attirent autant qu'elles inquiètent et dégoûtent. Perchées sur leurs plateformes, elles parlent fort, chantent, rient, pleurent... Elles vivent autant qu'elles le peuvent."
  • "Dans les rues de Córdoba, Argentine, la nuit. Marchent sur leurs talons les prostituées du Parc. Elles portent leur rage de vivre et leur solidarité contre la noirceur du monde, et protègent en secret un enfant. Rageant, tourbillonnant, magique !"
    Camille
  • "Les Vilaines est un premier roman bouleversant, empreint de grâce et de fureur, de beauté et de larmes. Récit semi-autobiographique toujours juste, c’est une ode à la beauté et à la résilience qui s’impose comme la découverte d’une autrice à la voix singulière et magnifique."
    Etienne
  • Almodovar sors de ce livre ! Mais quel bonheur de lecture ! Ca vit, ça s'engueule, ça se réconcilie, ça s'entraide et s'épaule. Les Vilaines on les voudrait toutes pour marraine ! Un souffle, une très belle plume inventive et puissante.
    Cécile Coulette
  • "Les Vilaines, ce sont les trans de Cordoba, une communauté de prostituées qui officie dans le parc Sarmiento. Camila Sosa Villada raconte, sans fard, leur quotidien, l'entraide et la débrouille face à la violence de la rue, et témoigne de leur force, leur besoin d'amour."
  • "Un quotidien vécu dans l'obscurité, à la marge d'une société qui ne parvient pas à les accepter, objets de désirs inavoués et de violences inavouables, c'est le destin de cette communauté trans argentine qui se dévoile dans réalité la plus nue. Une galerie de portraits, une série d'anecdote pour raconter avec poésie et réalisme la vie de ces reines de la nuit dont le courage force le respect."
    Morgane
  • "Qui sont donc ces prostituées trans qui se déplacent comme une nuée d'oiseaux de malheurs dans un parc public de Cordoba ? Ce sont des destins soyeux, brutaux, poétiques, forts, d'orphelines adoptées par une Tante, vieille comme le monde et remplie d'huile de moteur. Ce sont des femmes rejetées qui découvrent un bébé et l'adoptent en secret. Roman saupoudré de réalisme magique, absolument magnifique, qui fait se côtoyer la nuit, le sang, les paillettes et les héritages. Majestueux !"
  • "Je ne peux que vous conseiller de découvrir de toute urgence le roman coup de poing de la rentrée de janvier côté étranger : le récit autobiographique d'une auteure argentine transsexuelle qui dépeint avec fureur le quotidien d'une communauté de prostituées trans dans la ville de Cordoba. C'est un texte flamboyant, admirable de sincérité qui rend un poignant hommage à celles qui rôdent en marge d'un monde qui ne leur inflige que moqueries et humiliations […] Les Vilaines est un texte unique, enragé et inoubliable, un mélange à fleur de peau de féérie et de désolation, une explosion simultanée de joie et d'affliction profonde. Une fois de plus l'Argentine livre pour notre plus grand bonheur une littérature haute voltige et d'une audace folle."
    Rosalie R.
  • "Soudées autour de la fascinante et despotique Tante Encarna, ces Reines de la nuit aux corps et aux rêves sans cesse bousculés et piétinés se sentent fortes ensemble. Par une nuit glaciale, elles trouvent un bébé abandonné dans le bois où elles se prostituent. Un roman qui vous emporte comme un torrent violent, qui déborde de rage, de tendresse, de fantastique et de poésie, un texte puissant sur la sororité."
    Gwendoline
  • "De l'histoire, je ne vous dirai rien d'autre. Par contre, je peux vous dire ceci : Il n'est pas impossible que Les Vilaines vous bouleverse. Il est fort probable que Camila Sosa Villada vous saisisse par la puissance évocatrice de son écriture. Il est indéniable que Les Vilaines ne tombe jamais dans le larmoyant ou le plaintif, mais toujours dans l'exigence d'un droit de vivre et de posséder son corps. Il est assuré que si "Notre corps est notre patrie" est leur devise, vous ne la comprendrez pas en lisant Les Vilaines : vous l'éprouverez au plus profond de vous. Il est certain que Les Vilaines est un grand roman. Il est évident que Camila Sosa Villada m'a conquise. A qui le tour ? Vous, sans aucun doute."
    Alexandra
  • Les Vilaines de Camila Sosa Villada est un des grands succès de librairie 2020 en Argentine. C'est un texte chargé à la fois de violence et de poésie, un texte bouleversant : c'est l'histoire "d'une bande de travestis" qui se prostituent dans le Parc Sarmiento, à Cordoba. C'est l'histoire de la recherche d'un paradis perdu, celui de femmes qui ne sont pas nées femmes et qui se battent pour l'être ... Elles luttent contre les démons et contre la société qui les rejette, les nie, les frappe, les humilie. Mais se sentir femme, vouloir être femme est une pulsion puissante. C'est cette pulsion qui a converti Camila Sosa Villada en une femme, une écrivaine, une actrice et chanteuse qui a a illuminé la littérature de ses textes, crus comme des baffes et beaux comme les jardins luxurieux de sa plume.
    Melisa Chali-Guerrien
  • « Avec Les Vilaines, l’auteure transmet sans conteste à ses lecteurs un grand roman-mémoire… Ainsi, on y découvre des souvenirs teintés de peine et de tristesse où la violence des mots et des coups heurte quasiment chacun des paragraphes. Mais où également, on nous transporte au cœur de la mythologie sur l’univers trans où règne en reine majestueuse la Métamorphose… Un grand livre à découvrir pour cette rentrée littéraire. »
    Anastasia pour fnac.com
  • Un premier roman remarquable, baroque et incandescent. On le lit avec les tripes, le visage noyé de larmes, le coeur inondé de joie et la tête dans les étoiles.
    Mathilde Guiraud
  • Un premier roman argentin remarquable.
    Hugues Bodart
  • Biopic tragique d'une trans et de ses compères en Amérique latine du XXIe siècle. Toutes les personnes de ce roman tournent autour de l’idée de s’émanciper au travers de la transformation corporelle. Changer de sexe pour changer de vie, voilà leur combat. On aime la plume délicate qui dépeint avec tact l'envers du décor du monde de la prostitution, avec ses moments de malheur comme de bonheur. Sosa Villada sait nous surprendre avec des anecdotes à la fois touchantes et poignantes. Un très bel ouvrage !
    Louis
  • Quelle claque ! Quel souffle ! Camila Sosa Villada pousse jusqu'au vertige la volonté de vivre, d'être, d'aimer, malgré les injonctions à la virilité, la violence, la prostitution. Un texte passionnant sur la condition des personnes trans en Argentine, mais aussi la naissance d'une plume d'une puissance littéraire infinie.
  • "Quelle claque, quelle joie, quelle fureur, quelle beauté ! Ce premier roman de l’autrice argentine Camila Sosa Villada nous livre des destins cabossés de femmes trans bousculées et brimées par une société qui ne veut pas d’elles. La narratrice de ce roman est née dans une famille dont le père, violent, et la mère, soumise, n’a jamais accepté sa différence. Alors elle trouve refuge chez la Tante Encarna, figure forte et protectrice de toute les femmes trans qui veulent bien de sa protection, qui va trouver un bébé abandonné et le garder. Ce bébé deviendra l’espoir, la chance et le bonheur de ces femmes : elles le nomment Eclat des Yeux. Nous, lecteurs, entrons dans la même grâce, le même délire, la même colère et la même fierté que ces femmes trouées par la vie, mais radieuses, fêtardes et pugnaces. Une vraie réussite, un texte à lire absolument, pour ceux qui veulent sortir des entiers battus, ceux qui veulent vivre à travers leurs personnages et ceux qui aiment rire et pleurer en même temps."
    Ophélie Drezet
  • "un premier roman, conte de fées particulières, montées sur échasses en plastique fluo, meute de guerrières, texte puissant et gracile, où chaque coup porté nourrit désarroi, colère et désir de vivre dans un même mouvement. Cette force me sidère. A ne pas rater !"
    Lucie Eple
  • "Entre dégout de l’humanité, poésie, tendresse, sourires et révolte… dérangeant et nécessaire en même temps… envoûtant…"
    Stéphane Rocton
  • "Ce texte a une énergie dingue!"
    Anne Lise Potet
  • "j’ai été hypnotisée par ce roman qui m’a propulsée « avec un grand coup de pied au cul » dans le parc Sarmiento avec la bande de trans de tante Encarna. On réalise qu’être trans est à la fois une grâce, une fête, un délire et une malédiction. Camilia nous emmène avec elle, et c’est à la fois ahurissant, furieux et magique. Magique car on a l’impression que ces femmes ont des antennes qui les relient à d’autres signaux que les nôtres, à d’autres repères et d’autres valeurs que les nôtres, mais complètement justifiées et assumées, car tellement humaines. Merci pour cette belle découverte !"
    Véronique
  • « La lecture de ce roman dévorant, fantastique et onirique à la manière du Colombien García Márquez et du Brésilien Jorge Amado, nous entraîne dans le sillage des trans en maraude dans un parc de Cordoba et dopées au whisky et à la cocaïne. » Lire l'article ici
    Loraine Adam
    Site Rolling Stone
  • « En s’inspirant de son propre parcours, l’auteure rend un magnifique hommage aux rejeté(e)s pour nous inviter à la tolérance. »
    Héloïse Rocca
    Version Femina
  • Ecouter le podcast ici
    Marc Fernandez
    Alibi - Crimes & des livres
  • Lire l'interview de Camila Sosa Villada par Pauline Le Gall ici
    Pauline Le Gall
    Site Women who do stuff
  • « Camila Sosa Villada donne aux femmes trans une visibilité et une esthétique littéraire puissante. »
    Sophie Creuz
    L'Echo Belgique
  • « C’est une œuvre véritable, une ode baroque à la culture trans, à son identité, à son exubérance, à sa joie de vivre, à son courage et à son extraordinaire autodérision. »
    Sophie Creuz
    RTBF - Musiq3
  • « De cette vie qui ressemble à un film de Pedro Almodovar, Camila Sosa Villada a tiré un roman, incroyable morceau de littérature, où l’identité trans rencontre très haut l’écriture. » « Ce texte puissant (admirablement traduit) ne donne pas seulement la voix aux trans, il en fait les guides providentielles de notre monde déserté. Un peu comme si La Vie devant soi était réécrit par une sorcière vaudoue. »
    Romain Charbon
    Vanity Fair
  • « A mi-chemin entre le témoignage romancé et le conte inspiré du réalisme magique latino-américain, Les Vilaines joue habilement des contrastes entre réalité de la rue et rêve de bonheur, crudité d’un langage explicite et beauté d’un univers résolument théâtral, quête de plaisir et sentiment harassant de solitude. Un portrait puissant des marges, qui est aussi un manifeste contre leur diabolisation. »
    Ariane Singer
    Le Monde des Livres
  • « Un roman solaire ! » Voir le replay ici
    Nicole Debarre
    RTBF La Première - Grand Angle
  • "Porté par une écriture alerte et saisissante, c’est un premier roman bouillonnant, naviguant entre fantastique et construction intime, qui réussit à toucher, déconcerter, révolter et passionner." Lire la chronique ici
    Site Benzine
  • "Un texte absolument fabuleux, d’une beauté furieuse." Voir la chronique vidéo ici
    Blog Le 429
  • "Camila Sosa Villada a puisé dans son expérience personnelle pour écrire ce livre si joyeux et triste à la fois, fantasque et désespéré, où chaque personnage lutte pour aspirer simplement au bonheur. Beau et bouleversant." Lire la chronique ici
    Blog Les maux dits
  • "Avec ce roman, Camila Sosa Villada aborde la transidentité avec beaucoup de poésie grâce à une histoire qui se lit presque comme un conte. Elle nous immerge dans un monde qui nous est par ailleurs inconnu : l’autre monde, l’underground, l’invisible. Elle raconte les corps, les coups, l’amour dans ce conte de fées et conte d’ogres." Ecouter le podcast La Vagabonde #12 ici (à partir de 13:40)
    Léa Schiavo
    Podcast La Vagabonde
  • "Camila Sosa Villada croise avec force poésie et trash dans un texte échevelé, au maquillage qui coule et aux paillettes qui se font la malle, comme après une longue nuit. Une alternance inédite d’envolées amoureuses et de chutes sordides."
    Fred Robert
    Zibeline
  • "Un livre tout à fait saisissant, qui vous happe et dont le récit vous emporte assez rapidement dans une forme d’amour torrentiel mais qui commence souvent dans la brutalité." Ecouter le podcast de l'émission ici (à partir de 07:20)
    Jet FM
  • "Sans concession, sans pudeur et sans jamais s’apitoyer, Les Vilaines est écrit d’un coup de griffe, avec les larmes, le sperme et le courage qui traversent ces «reines» inoffensives mais dérangeantes." "En plongeant dans cette intimité fragile, en exposant le prix – souvent mortel – à payer «pour échapper à la mainmise de la culture sur leurs existences», Camila Sosa Villada pointe le rôle ambigu que les personnes transsexuelles, transgenres ou travesties endossent malgré elles dans nos sociétés normatives : ceux qui les appellent des monstres ne nomment en réalité que leur propre inhumanité."
    Salomé Kiner
    Le Temps (Suisse)
  • "Un premier roman tendre et jubilatoire à l’écriture juste et flamboyante qui, sous des airs d’étrange conte de fées, devient un manifeste haut en couleur qui met en lumière celles et ceux qui sont à la marge et que la vie ne doit pas stigmatiser."
    Bernard Babkine
    Madame Figaro
  • "Entre réalisme et imaginaire fantastique, l’écrivaine et comédienne transsexuelle signe un livre poignant." "Les Vilaines mêle le néoréalisme du cinéma italien et l'imaginaire puissant des métamorphoses. Le monde clos des trans est une scène de théâtre où circulent les désirs et où, comme dans Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, tout est permis."
    Sophie Joubert
    L'Humanité
  • "Ce superbe premier roman est un livre d’une intensité rare, flamboyant, noir et joyeux à la fois – un coup de maître." Lire la chronique ici
    Blog The unamed bookshelf
  • "Ce roman, c’est un propos militant en faveur de l’émancipation des transgenres et leur accès aux des droits de l’Homme tels que reconnus par l’Organisation des Nations Unis." Lire la chronique ici
    Blog T livres ? T arts ?
  • "Un premier roman fort que je vous recommande." Lire la chronique ici
    Blog Les lectures de Claudia
  • "Les Vilaines est un livre courageux et nécessaire et il n’est que justice que Camila Sosa Villada soit aujourd’hui reconnue dans son pays et ailleurs dans le monde comme auteure et actrice. Lire la chronique ici
    Site Addict Culture
  • "Une superbe lecture, un véritable coup de cœur pour Les vilaines de Camila Sosa Villada." Lire la chronique ici
    Blog L'atelier de Litote
  • "Dans ce premier roman plein de fougue, de colère, de joie exubérante aussi, Camila Sosa Villada donne nom et humanité à ces trans paumées et magnifiques. Les vilaines ou l’affirmation de la vie malgré tout." Lire la chronique ici
    Site La viduité
  • "Avec Les Vilaines, Camila Sosa Villada a tout simplement signé un texte puissant, aussi furieux que tendre où se bousculent l’invention, la tendresse, le sang." Lire la chronique ici
    Serge Bressan
    Site La grande parade
  • "Premier roman d’une jeune autrice argentine et un vrai coup de poing ! […] A lire absolument." Lire la chronique ici
    Blog La nuit je mens
  • "On se croirait dans un conte fantastique du Colombien Gabriel Garcia Marquez ou du Chilien Luis Sepulveda. Même écriture poétique, même réalisme magique qui habitaient ces génies-là." Lire l'article ici
    Marianne
  • "Au fil des pages, l’auteure nous livre avec une prose enchantée et poétique les moments de joie et de liberté mais aussi la douleur et la force de survie d’un groupe de femmes cabossées et mises à l’écart par la société." Liree la chronique ici
    Que tal Paris ?
  • "Pour son premier roman, la romancière argentine Camila Sosa Villada nous régale d’un récit ensorcelant sur les trans argentines avec une plume jubilatoire et hypnotique. Nous voilà entraînés dans une longue nuit de fêtes et de douleurs, dont on ne ressort pas vraiment intact." Découvrez l'entretien avec Camila Sosa Villada réalisé par Ophélie Drezet ici
    Ophélie Drezet
    PAGE des libraires (Librairie du tramway)
  • "Intermède d’une puissante sincérité, livré sans fausse pudeur ni artifices, le parcours de vie de Camila est un roman-monde à lui seul, qui dit toute la rage de vivre et la solitude des transsexuelles, leur courage et la croix qu’elles portent, dans un pays qui leur inflige des tourments sans fin mais où tous les hommes "auraient fini par brûler sur un bûcher public rien que pour coucher avec une trans"." "L’histoire des trans de Córdoba devient une mythologie enchanteresse, un bestiaire exubérant où se croisent chattes et louves, chiennes et perroquets. La mort et la cruauté remporteront la mise. Mais le refrain des Vilaines nous hantera longtemps : "être trans est une fête ", disent-elles en tourbillonnant dans le vent mauvais qui souffle sur le parc."
    Elise Lépine
    Le Journal du Dimanche
  • "Les Vilaines résonne comme le grand roman de la communauté trans. Récit rempli d’effroi où la transsexualité est vécue comme une malédiction et parfois même une condamnation, il est aussi le bouleversant hymne de cette sororité qui transforme l’enfer en une fête furieuse et brûlante. Dans ce drame social, Camila Sosa Villada fait naître une beauté incomparable d’un terreau de cruauté et de douleur."
    Léonard Desbrières
    Le Parisien week-end
  • "Un premier roman argentin d’une puissance phénoménale."
    Marc Fernandez
    Alibi
  • "Furieusement brut, baroque et tendre."
    Ariane Valadié
    Voici
  • "Un roman d’une grande humanité qui témoigne de la fin d’une époque avec une certaine nostalgie. L’une des très belles découvertes de cette rentrée." Lire l'article ici
    Pauline Le Gall
    Cheek Magazine
  • "Ce roman fort parle de la rage et du mépris, mais aussi de la beauté et de la solidarité. Le merveilleux permet de rendre supportable la tragédie de vies fauchées dans un combat quotidien qui se perd parfois par K.O. De l’intérieur, l’existence des transsexuelles est décrite sans concession, avec une écriture flamboyante (et une traduction admirable) qui insuffle au roman une énergie folle, et place en son centre une sororité teintée de poésie et de fantaisie, nécessaires à la survie en milieu hostile." Lire la chronique ici
    Aline Sirba
    Site A voir à lire
  • "Avec son écriture à la fois insolente et soyeuse, Camilla Sosa Vilada vous emporte littéralement avec ce manifeste explosif, ce portrait d’une communauté hors du commun."
    Hervé Bourit
    TMV Tours
  • "Un premier roman à la fois tragique, lumineux et envoûtant."
    Hubert Artus
    Lire Magazine Littéraire
  • "Un roman étourdissant, à l’écriture tendre et festive, inventive et féérique."
    Serge Bressan
    Le Quotidien du Luxembourg
  • "On est heureux de découvrir ici une sœur rutilante en représentations alternatives de Gabriela Cabezön Câmara, le réalisme magique en plus. Avec ou sans fard, Camila Sosa Villada jongle avec les deux faces de ces femmes chez qui subsiste, envers et contre tout, une certaine moelle de vie."
    Anne-Lise Remacle
    Focus Vif (Belgique)
  • "Tant qu’il y aura des ensorceleuses, comme Camila Sosa Villada, nous pourrons lire ce genre de livre flamboyant." Lire la chronique ici
    Blog Fairy Stelphique
  • "Un conte de fées trash et lyrique, plein de fièvre, de sincérité, de rires et de larmes sur l’identité transgenre." Lire la chronique ici
    Blog Baz'art
  • "Tout est là : le récit impitoyable de la misère humaine qui se noie dans la drogue, l’alcool, le vomi et le sang. La crudité d’une langue à court de gros mots pour dire l’injustice du monde, mais également une langue poétique pour dire tant de beauté outragée." Lire la chronique ici
    Site Espaces latinos
  • "Un grand pas vers la compréhension, l’acceptation d’autrui." Lire la chronique ici
    Site America Nostra - Nos Amériques
  • Les sorties littéraires les plus attendues de janvier et février : lire l'article ici
    Marina Eluzia
    Site Vanity Fair
  • "Vilaines ? Non, merveilleuses. […] Dans ce premier roman baroque et plein de larmes de Camila Sosa Villada perce l’euphorie de faire enfin partie d’une communauté. Et de savourer avec fureur cette parenthèse dans laquelle "être trans est une fête"."
    Amandine Schmitt
    L'Obs
  • Lire l'article ici
    France Info Culture
    Laurence Houot
  • "C’est toutefois Camila Sosa Villada qui risque de leur voler la vedette, avec un roman d’inspiration autobiographique narrant ses tribulations de transsexuel dans les bas-fonds de la capitale argentine."
    Thierry Clermont
    Le Figaro
  • "Des destins de souffrances et de résiliences, une facette interlope de l’Argentine moderne, en criant l’exploitation des corps et la survie par la sororité. Écrivant par-delà les questions de genre, Camila Sosa Villada livre un premier roman lyrique, explosif, politique. L’élégance faite verbe."
    Hubert Artus
    Causette
  • "Un roman qui refuse votre apitoiement et se tient à distance contre tout excès de sordide. Un récit fier et revendicateur. Une cour de tous les miracles décrite de l’intérieur par une prose qui claque haut et fort comme un coup de talon haut, qui déniche sans cesse du sacré dans la plus extrême des trivialités et parvient à transformer en poésie prosaïque le monde des amours tarifées. Un monde solidaire, bigarré, tragique nécessairement et pourtant si doux et enveloppant de son irradiante tendresse et que l’on quitte à regret une fois la lecture achevée." Ecouter le podcast ici (à partir de 15'55)
    Xavier Leherpeur
    France Inter - Une heure en séries
  • "Camila Sosa Villada signe un premier roman aussi fiévreux que fervent sur les trans en Argentine. Remarquable." "La littérature trans n’est pas une subdivision parmi d’autres sur l’échiquier des genres et des tendances. Elle est de la littérature tout court – et même, sans doute, la littérature tout court, se dit-on en refermant ces Vilaines de Camila Sosa Villada, figure argentine de la culture trans, tant il est vrai qu’il n’y a d’écriture qui vaille que dans la transgression, le transit, la transition. Dans le trans en un mot." Lire l'article ici
    Damien Aubel
    Transfuge
  • "Les Vilaines, un livre furieux mais tendre sur l’identité transgenre." "Avec son roman Las Malas (Les Vilaines), l’auteure argentine Camila Sosa Villada a ému la communauté littéraire en Amérique latine, qui l’a récompensée d’un prix prestigieux. Également actrice et chanteuse, Camila Sosa dépeint dans ce livre l’identité transgenre, “une fête” amoureuse tout autant qu’un calvaire." Lire l'article ici
    Sabine Grandadam
    Courrier international
  • "Ce premier roman mêle le merveilleux et la fiction aux souvenirs les plus crus de son autrice."
    Ca m'intéresse santé
  • "Un conte de fées plein de sang et de fureur écrit par l’actrice transgenre Camila Sosa Villada, dont c’est le premier roman. L’histoire fantastique de la survie, de la tendresse, de souveraines tombées à terre." Lire l'article et un extrait du livre ici
    AOC
  • "Dans un roman jubilatoire digne d’un film d’Almodóvar, la primo-romancière Camila Sosa Villada donne vie à une bande de battantes extraordinaires." "Une sororité célébrée de manière magnifique."
    Kerenn Elkaïm
    Livres Hebdo

La nuit est profonde : il gèle dans le Parc. De très vieux arbres qui viennent de perdre leurs feuilles semblent adresser au ciel une prière indéchiffrable, mais essentielle pour la végétation. Un groupe de trans fait sa maraude. Elles sont protégées par la futaie. Elles semblent faire partie d’un même corps, être les cellules d’un même animal. C’est comme ça qu’elles bougent, comme si elles formaient un troupeau. Les clients passent dans leurs voitures, ralentissent quand ils voient le groupe, et, parmi les trans, en choisissent une qu’ils appellent d’un geste. L’élue accourt. C’est comme ça que ça se passe, nuit après nuit.

Le Parc Sarmiento se trouve au cœur de la ville. C’est un vaste poumon vert, avec un zoo et un parc d’attractions. La nuit, les lieux deviennent sauvages. Les trans attendent sous les arbres ou devant les voitures, elles promènent leurs charmes dans la gueule du loup, devant la statue de Dante, la statue historique qui donne son nom à l’avenue. Chaque nuit, les trans surgissent du fond de cet enfer, mais personne n’écrit à ce sujet, elles jaillissent afin de faire renaître le printemps.

Avec les trans, il y a aussi une femme enceinte, la seule dans le groupe qui soit née femme. Les autres, les trans, se sont transformées elles-mêmes pour le devenir. Au pays des trans du Parc, c’est elle, la personne différente, cette femme enceinte qui fait toujours la même blague : elle prend par surprise l’entrejambe des trans. C’est ce qu’elle est en train de faire à l’instant même, et toutes rient aux éclats.

Le froid n’arrête pas la ronde des trans. Une fiole de whisky passe de main en main, des papiers saupoudrés de cocaïne passent successivement sous tous les nez, quelques-uns d’entre eux sont énormes et naturels, d’autres, tout petits, ont été opérés. Ce que la nature ne te donne pas, l’enfer te le prête. Là, dans ce Parc qui jouxte le centre-ville, le corps des trans emprunte à l’enfer la substance de ses charmes.

Tante Encarna participe à ce sabbat avec un enthousiasme féroce. Après la coke, elle exulte. Elle se sait éternelle, elle se sait invulnérable, telle une ancienne idole de pierre. Mais quelque chose qui vient de la nuit et du froid attire son attention et l’éloigne de ses amies. Depuis les broussailles, quelque chose l’appelle. Au milieu des rires, du whisky qui va et vient d’une bouche fardée à l’autre, au milieu des coups de klaxon de ceux qui sont à la recherche d’un peu de bonheur auprès des trans, Tante Encarna perçoit un son qui vient d’ailleurs, émis par quelque chose ou par quelqu’un qui n’est pas comme les personnes que nous avons sous les yeux.

Les autres trans continuent leur maraude sans prêter attention aux mouvements d’Encarna. C’est que la Tante perd la mémoire, elle raconte et reprend sans cesse les mêmes vieilles anecdotes. Les choses les plus récentes et les plus familières n’ont pas de place dans sa mémoire. Il y a un moment dans la vie où aucun souvenir n’est à l’abri. Alors elle note tout dans des petits cahiers, elle colle des post-it sur la porte du frigo, autant de manières de l’emporter sur l’oubli. Il y a des filles qui pensent qu’elle est en train de devenir folle, d’autres qu’elle en a assez de se souvenir. Elle a reçu beaucoup de coups, Tante Encarna, des grolles de flics et de clients ont joué au foot avec sa tête et aussi avec ses reins. À cause des coups reçus dans les reins, elle pisse du sang. Alors personne ne s’inquiète quand elle s’en va, quand elle les quitte, quand elle répond aux sirènes de son destin.

Elle est un peu désorientée quand elle s’éloigne, les chaussures en plastique la font souffrir, à cent soixante-dix-huit ans, c’est comme marcher sur un lit de clous. Elle marche avec difficulté sur la terre sèche et sur les herbes folles qui poussent ici et là, elle traverse l’avenue Dante comme un sifflement filant vers le secteur du Parc où il y a des épines, des ravins et une grotte où les pédés s’embrassent et se consolent les uns les autres, et qu’on appelle la Grotte de l’Ours. Quelques mètres plus loin, il y a l’hôpital Rawson, l’hôpital où on s’occupe des infections : notre second foyer.

Des fossés, des gouffres, des arbustes qui blessent, des ivrognes qui se masturbent. Tandis que Tante Encarna se perd dans les broussailles, la magie opère. Les prostituées, les couples ardents, les rencontres fortuites, ceux qui réussissent à se retrouver dans cette forêt improvisée, tous, autant qu’ils sont, donnent et reçoivent du plaisir dans les voitures garées à la hâte, allongés dans l’herbe ou bien encore debout, contre les arbres. À cette heure-là, le Parc est comme un ventre qui jouit, un réceptacle de sexe éhonté. On ne sait plus d’où viennent les caresses et les coups de langue. À cette heure-là, à cet endroit, les couples baisent.

Mais ce que Tante Encarna poursuit est probablement un son ou un parfum. On ne peut jamais savoir quand on la voit ainsi, partir en quête de quelque chose. Peu à peu, ce qui l’a appelée se dévoile : ce sont les pleurs d’un bébé. Avec ses chaussures dans une main, Tante Encarna sonde l’air qui l’entoure, elle pénètre dans le terrain hostile pour le voir de ses propres yeux.

Une immense faim et une immense soif. C’est ce que l’on perçoit dans les pleurs du bébé et ce qui provoque la détresse de Tante Encarna qui s’enfonce dans les bois, désespérée, car elle sait que quelque part il y a un enfant qui souffre. Dans le Parc, c’est l’hiver, le froid est si intense qu’il fait geler les larmes.

Encarna arrive au niveau des chenaux où se cachent les prostituées quand elles voient approcher les lumières de la police, elle le trouve enfin. L’enfant est sous des ronces. Il pleure désespérément, le Parc tout entier semble pleurer avec lui. Tante Encarna s’affole, à cet instant, toute la terreur du monde s’accroche à sa gorge.

L’enfant est enveloppé dans une veste d’adulte, une doudoune verte. On dirait une perruche au crâne chauve. Lorsqu’elle tente de l’extraire de son tombeau de branches, des épines se plantent dans ses mains et les plaies se mettent à saigner, maculant les manches de son chemisier. On dirait une sage-femme enfonçant ses mains dans une jument pour en extraire un poulain. Elle ne ressent aucune douleur, elle ne prête aucune attention aux égratignures que lui infligent les épines. Elle continue à écarter des branches et finit par récupérer l’enfant qui hurle dans la nuit. Il est couvert de merde, l’odeur est insupportable.

Malgré le sang et les haut-le-cœur qui lui viennent, Tante Encarna serre l’enfant contre sa poitrine et se met à crier pour appeler ses amies. Ses cris doivent parvenir de l’autre côté de l’avenue. Difficile qu’elles l’entendent.

Mais ces chiennes de trans du Parc Sarmiento de Córdoba ont l’oreille plus fine que le commun des mortels. Si elles entendent l’appel de Tante Encarna, c’est qu’elles perçoivent la peur dans l’air. Soudain, elles sont sur leurs gardes. Elles ont la chair de poule, les cheveux hérissés, leurs ouïes s’ouvrent, leurs mâchoires se tendent.

– Eh, les trans du Parc ! Venez ! Venez, j’ai trouvé quelque chose ! crie Encarna.

C’est un enfant de trois mois environ, abandonné dans le Parc. Son corps a été recouvert de branches, il a été déposé ainsi pour que la mort fasse de lui ce que bon lui semble. Ou bien les chiens et les chats sauvages qui vivent là : partout dans le monde, les enfants font des repas succulents.

Les trans approchent, curieuses, on dirait une invasion de zombies avides avançant vers la femme qui a le bébé dans les bras. L’une d’elles porte les mains à sa bouche, des mains tellement grandes qu’elles pourraient cacher le soleil tout entier. Une autre s’écrie que l’enfant est magnifique, un bijou. Une autre revient immédiatement sur ses pas et dit :

– Moi, j’ai rien à voir avec ça, moi, j’ai rien vu.

– Elles sont comme ça, répond une autre, voulant dire par là : voilà comment se comportent ces putains à moustaches quand il y a un lézard.

– Il va falloir qu’on appelle la police, dit l’une d’elles.

– Non ! lance Tante Encarna. Pas la police ! On ne peut pas livrer un enfant à la police. C’est le pire des châtiments !

– Mais c’est qu’on ne peut pas le garder, explique une voix, appelant à la raison.

– L’enfant reste avec moi. Il ira à la maison, avec nous.

– Mais comment tu vas l’emmener, il est couvert de merde et de sang ?

– Dans mon sac à main. Il entre sans problème.

Depuis le Parc jusqu’à la gare routière, les trans marchent à une vitesse surprenante. On dirait un cortège de chattes pressées par les circonstances, elles avancent tête baissée, dans cette attitude qui les rend invisibles. Elles se rendent chez Tante Encarna, la pension qui est le paradis des tantouzes, l’endroit qui a accueilli tant de trans, les a cachées, protégées, leur a offert un refuge dans les moments de détresse. Elles vont là car elles savent que c’est l’endroit au monde où on est le plus à l’abri. Elles portent l’enfant dans un sac à main.

L’une d’elles, la plus jeune, ose dire à voix haute ce qu’elles se sont toutes déjà dit l’une à l’autre, mais par la pensée :

– Il fait froid pour dormir dans une cellule.

– Qu’est-ce que tu dis ? demande Tante Encarna.

– Rien, juste ça : qu’il fait froid pour dormir dans une cellule. Plus encore pour avoir enlevé un bébé.

Je suis morte de trouille. Je marche derrière elles, presque au pas de course. La vue de l’enfant m’a vidée de l’intérieur. Soudain, c’est comme si je n’avais plus d’organes, plus de sang, plus d’os ni de muscles. C’est en partie à cause de la peur panique, mais aussi de la détermination, deux choses qui ne vont pas toujours ensemble. Les filles sont agitées, leurs bouches exhalent de la vapeur et des soupirs de crainte.

Elles prient tous les saints pour que l’enfant ne se réveille pas, qu’il ne pleure pas, qu’il ne crie pas comme il le faisait peu avant, dans le Parc, comme un cochon dans un abattoir. En chemin, elles croisent des voitures conduites par des ivrognes qui leur lancent des obscénités, des voitures de police qui ralentissent à leur vue, des étudiants noctambules qui vont acheter des cigarettes.

Il suffit aux trans de baisser la tête pour avoir le don de transparence qui leur a été légué au moment de leur baptême. Elles avancent comme si elles méditaient et réprimaient la peur d’être découvertes. Car, oui ! Il faut être une trans et porter un nouveau-né couvert de sang à l’intérieur d’un sac à main pour savoir ce qu’est la peur.

Elles arrivent chez Tante Encarna. Une grande maison rose de deux étages qui semble abandonnée mais les accueille à bras ouverts. Elles empruntent un couloir aux murs nus et vont directement dans la cour, entourée de portes vitrées où l’on voit apparaître des visages de trans, les yeux remplis de curiosité. Depuis les chambres à l’étage surgit une voix de fausset entonnant une chanson triste qui s’éteint dans le brouhaha. Une des jeunes femmes prépare une bassine, une autre court à la pharmacie de garde pour acheter des couches et du lait en poudre pour bébé, une autre cherche des draps et des serviettes propres, une autre encore allume un pétard. Tante Encarna parle à l’enfant à voix basse, elle se lance dans une litanie, chante pour lui dans un murmure, l’ensorcelle pour qu’il cesse de pleurer. Elle déshabille l’enfant, enlève également sa robe souillée de merde et c’est comme ça, alors qu’Encarna est à moitié nue parmi ses amies, qu’ensemble elles donnent un bain à l’enfant sur la table de la cuisine.

Certaines d’entre elles osent plaisanter un peu même si elles serrent les fesses, comme on dit, à cause de cet élan de folie : avoir emmené l’enfant avec elles. L’avoir sauvé et puis le garder, comme un animal de compagnie. Elles se demandent comment il peut bien s’appeler, d’où il peut bien sortir, qui a bien pu être la mauvaise mère qui l’a abandonné dans le parc. L’une d’elles avance que, si la mère a été capable de se débarrasser de lui comme ça, dans un fossé, elle n’a sans doute pas pris la peine de lui donner un nom. Une autre dit qu’il a une tête à s’appeler Éclat des Yeux. Une autre lui demande de réfréner ses élans poétiques et rappelle aux filles présentes qu’il y a danger.

La police va faire retentir ses sirènes, elle va sortir ses armes contre les trans, les journaux télévisés vont s’emballer, les rédactions s’enflammer, la société entière va se mettre à hurler, toujours disposée au lynchage. L’enfance et les trans sont incompatibles. Pour ces gens-là, l’image d’une trans avec un enfant dans les bras est un péché. Les idiots diront qu’il vaut mieux les tenir éloignées de leurs enfants, pour qu’ils ne voient pas qu’un être humain peut tomber aussi bas. Mais elles ont beau savoir tout ça, les trans sont là, à accompagner l’élan de folie de Tante Encarna.

Ce qui a lieu dans cette maison, c’est la complicité d’un groupe d’orphelines.

Une fois que l’enfant est propre, on l’enveloppe dans un drap tel un cannelloni, puis Tante Encarna soupire et se repose dans sa chambre, décorée comme celle d’un sultan. Tout y est vert, l’espoir flotte dans l’air, dans la lumière. Cette chambre est l’endroit où on ne perd jamais la foi.

Peu à peu, la maison devient silencieuse. Les trans sont parties, certaines sont allées dormir, d’autres sont retournées dans la rue. Moi, je m’allonge dans un fauteuil de la salle à manger. Elles ont donné un biberon à l’enfant qui mourait de faim et elles se sont lassées de le regarder, d’essayer des noms possibles, de s’imaginer un lien de parenté avec lui. Quand l’enfant en a eu assez de pleurer, il s’est mis à les regarder, avec une curiosité intelligente, droit dans les yeux de chacune d’elles. La chose les avait impressionnées, elles ne s’étaient jamais senti regardées de cette façon.

La grande maison rose, du rose le plus trans au monde (à chaque fenêtre, il y a des plantes mêlées à d’autres plantes, des plantes fertiles qui ont des fleurs et des fruits, où les abeilles dansent) est soudain devenue silencieuse, pour ne pas faire peur à l’enfant. Tante Encarna dénude sa poitrine siliconée et colle le bébé contre son sein. L’enfant hume le sein dur, énorme, et se met à téter tranquillement. Il n’arrivera pas à faire sortir de ce téton ne serait-ce qu’une goutte de lait, mais la trans qui a l’enfant dans les bras feint de l’allaiter et lui chante une berceuse. Personne sur cette terre n’a vraiment dormi si une trans ne lui a pas chanté une berceuse.

María, une sourde-muette très jeune et plutôt chétive, passe près de moi tel un succube, elle ouvre la porte d’Encarna sans frapper, très délicatement, et tombe sur ce tableau. Tante Encarna allaitant un nouveau-né, avec son sein rempli d’huile de moteur d’avion. La paix qui envahit le corps de Tante Encarna est telle qu’elle semble léviter à dix centimètres au-dessus du sol, cet enfant draine la douleur historique qui l’habite. Le secret le mieux gardé des nourrices, le plaisir et la douleur d’être drainées par un chiot. Une douloureuse injection de paix. Tante Encarna a les yeux révulsés, l’extase est totale. Elle murmure, inondée de larmes qui glissent sur ses seins et tombent sur les habits de l’enfant.

D’un geste de la main, pressant le bout des doigts les uns contre les autres, à l’italienne, María lui demande ce qu’elle fabrique. Encarna répond qu’elle ignore ce qu’elle est en train de faire, que l’enfant s’est accroché à son sein et qu’elle n’a pas osé lui ôter le téton de la bouche. María, la Muette, croise ses doigts sur sa poitrine, lui faisant comprendre qu’elle ne peut pas allaiter, qu’elle n’a pas de lait.

– Ça n’a pas d’importance, répond Tante Encarna. C’est un geste, rien d’autre, dit-elle.

María fait non de la tête, elle désapprouve tout ça, mais elle referme la porte de la chambre de manière toujours délicate. Dans le noir, elle se cogne les orteils contre le pied d’une table et met la main sur sa bouche pour ne pas crier. Ses yeux se remplissent de larmes. Quand elle me voit dans le fauteuil, elle montre du doigt la chambre, puis avec le même doigt, elle dessine des cercles sur sa tempe pour me signifier qu’Encarna est devenue folle.

C’est un geste, rien de plus. Le geste d’une femelle qui obéit à son corps. C’est de cette façon que l’enfant reste uni à cette femme-là, comme Romulus et Rémus à la louve, dans la grotte du Lupercal.

Dans le fauteuil qu’on m’a cédé pour que j’y passe la nuit, je me souviens de ce qu’on a toujours dit, chez moi, à propos de ma naissance. Ma mère a mis deux jours à accoucher, la dilatation de son col n’avançait pas et elle ne supportait plus la douleur. Les médecins refusaient de lui faire une césarienne, jusqu’à ce que mon père menace de mort le docteur qui était en charge de l’affaire. Il lui a collé un pistolet sur la tempe et il lui a dit que si on n’opérait pas sa femme pour permettre la naissance de l’enfant, il serait mort avant la fin de la nuit.

Plus tard, c’est ce qu’on racontait à mon sujet : que j’étais née sous la menace. Par la suite, mon père allait reprendre avec moi la même scène, encore et encore. Tout ce qui allait me faire vivre, chaque désir, chaque amour, chaque décision prise, il allait les menacer de mort. Ma mère, quant à elle, disait que depuis ma naissance elle était obligée de prendre du Lexotanil pour dormir. C’est sans doute ce qui explique l’apathie qui par la suite a été la sienne, sa passivité à l’égard de la vie que menait son fils. Tout le contraire de ce qui se passe à présent derrière cette porte, dans la chambre où la lumière est toujours allumée. Une lueur verte éblouit la mort, elle la défie en brandissant la vie. Elle fait savoir à la mort qu’elle doit faire machine arrière, oublier l’enfant trouvé dans le Parc, elle prévient la mort qu’elle n’a plus la mainmise sur cette maison.

Dans mon fauteuil, couverte avec les manteaux des autres trans de la maison, je m’endors au son de la berceuse qu’Encarna chante à l’enfant. Le récit mille fois entendu de ma naissance douloureuse se dissout comme le sucre dans le thé. Dans la maison des trans, la douceur est capable d’intimider la mort. Dans cette maison, même la mort peut être belle.

Camila Sosa Villada (1982, La Falda, Argentine) a travaillé comme prostituée, vendeuse de rue et femme de chambre. Elle a fait des études de communication et de théâtre. Devenue actrice et chanteuse, elle est aussi l’une des écrivains les plus reconnues en Argentine ces dernières années. Elle a été la honte de sa famille, mais maintenant elle se considère comme la mère de ses parents. Les Vilaines, en cours de traduction dans cinq langues, est son premier roman.

Bibliographie