« Après s’être intéressé à la question du silence, David Le Breton poursuit son incursion dans l’étude du sensible, et s’interroge dans “Eclats de voix” sur la possibilité d’une anthropologie de la voix.
Si la première difficulté, dans notre civilisation de communication, est bel et bien de se débarrasser et de s’écarter de la parole, l’auteur s’attache avec précision à rendre compte de la question du son, de l’intonation ou de la tessiture. En effet, la voix s’affirme, elle se ritualise, elle définit en profondeur les rôles sociaux, que l’on se trouve au cœur de notre société moderne, ou parmi les peuples autochtones : elle est le miroir de notre identité, de notre statut et de notre reconnaissance par autrui.
L’ouvrage reflète parfaitement la fragilité de son objet d’étude, et c’est pas à pas que l’auteur avance au gré des sonorités. Sans vouloir à tout prix donner une définition de la voix, lui donner un cadre, c’est avec, au contraire, beaucoup d’originalité qu’il nous replonge dans cet univers de l’oralité. Au-delà de la puissance vocale, nous suivons le fil des voix qui se taisent, celles qui se brisent, les voix qui muent, bégaient ou s’épuisent.
En croisant les disciplines et les références : ethnologiques, sociales, scientifiques et littéraires, David Le Breton donne à entendre tout ce que par habitude nous n’écoutons plus. »
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