Dans la presse

Transfuge

Lucien d'Azay

"Entre deux épisodes de défonce pornographique d’une suprême crudité, les observations psychologiques de la romancière contrastent par leur élégante finesse : ainsi analyse-t-elle la théâtralité masculine et la manière dont les machos indexent leur pouvoir de fascination érotique sur la crainte qu’ils exercent. La sexualité du couple est si extravagante qu’elle relève du cirque, manière de désamorcer toutes les tensions, jalousies et rivalités qui se voient réduites à la fonction d’excitants au même titre que le viagra, les ragots et le tarot divinatoire. Le miracle, c’est que les sentiments se développent en marge et en dépit de cette formidable pagaille. L’important, comme le souligne la romancière, est de trouver le moyen de vivre en se faisant le moins de mal possible, "mais tout le monde n’avait pas envie de tolérer une telle dégénérescence."