Dans la presse

OUEST FRANCE

"« Raconte ta vie », c'est ce que demande le formulaire. Alors, Carlos s'attelle à rassembler ses souvenirs, avant de passer devant la commission des travailleurs cubains qui doit décider si, oui ou non, il mérite le titre de « travailleur exemplaire de l'année ». Comment résumer une vie ? Carlos fouille, et se met alors à raconter avec lyrisme et précision. En vrac : soirées trop arrosées, amours passionnées, discussions politiques estudiantines, détails de la politique sucrière castriste, discours de révolutionnaires patentés. Et ses doutes, à lui, ses abandons, ses « trahisons », sa déception devant le régime à Cuba, toute vie doit être lue à travers le filtre de l'Histoire et de la collectivité et les états d'?me personnels n'ont pas lieu d'être. Au lieu d'être décoré, Carlos se retrouve donc obligé de se justifier? Mais du discours de Carlos, le lecteur profite avec jubilation. Car Jesus Diaz (il est mort au début de cette année à Madrid, où il était en exil) avait un talent exceptionnel et l'on passe, avec lui, d'un univers à l'autre, du cinéma à la politique, de la musique afro-cubaine à la danse, des bidonvilles noirs de la Havane aux champs de canne à sucre, des palaces au bord de la mer aux bouges. Le roman d'un virtuose."