"Conçu comme une partition jouée allegro con brio par des perdants nés, L’Ombre de ce que nous avons été évite miraculeusement les écueils du sentimentalisme. Lucho Arancibia refuse de croire que son ami ait pu vivre treize ans à Paris sans avoir connu Brigitte Bardot. Quand Salinas prétexte une question de temps avant de préciser que la diva est maintenant "une grosse vieille réactionnaire et de mauvaise humeur" qui se consacre à l’élevage des chiens, Cacho fait évidemment la sourde oreille : "C’est pas vrai. Elle est jolie, blonde, prend le soleil à poil sur une terrasse et, pour arriver à elle, il suffit d’écarter des draps accrochés à un étendoir." Au narrateur d’épiloguer alors sur l’immuable pays de la mémoire, "intact comme un nichon de sainte Thérèse ou un film de Roger Vadim". Intact, loufoque et fringuant, comme trois sexagénaires attendant Godot ou un roman de Luis Sepúlveda."
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