Publication : 14/01/2010
Pages : 160
Grand Format
ISBN : 978-2-86424-710-4
Couverture HD

L'Ombre de ce que nous avons été

Luis SEPÚLVEDA

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17 €
Titre original : La sombra de lo que fuimos
Langue originale : Espagnol
Traduit par : Bertille Hausberg

Ce roman a reçu en Espagne le PRIX PRIMAVERA 2009.

Dans un vieil entrepôt d’un quartier populaire de Santiago, trois sexagénaires attendent avec impatience l’arrivée d’un homme, le Spécialiste.
Tous trois anciens militants de gauche, condamnés à l’exil par le coup d’État de Pinochet, se retrouvent trente-cinq ans après pour participer à une action révolutionnaire organisée par le Spécialiste.
Mais alors que celui-ci se dirige vers ce rendez-vous, il est tué de façon grotesque, frappé par le destin sous la forme d’un tourne-disque jeté par une fenêtre au cours d’une dispute conjugale.
Tout le plan tombe à l’eau jusqu’au moment où ressurgit dans la mémoire des complices l’expression favorite du Spécialiste : "On tente le coup ?"
L’auteur nous propose les portraits cocasses et attachants de trois héros cassés par l’Histoire récente et l’exil, mais qui n’ont perdu ni leur humour ni leur capacité de croire en un rêve.
Ce roman est un exercice de virtuosité littéraire au service d’une histoire émouvante et sombre jouée par des perdants. Un roman écrit avec le coeur et l'estomac, pour toucher, faire rire et penser.

  • Le nouveau roman de Sepúlveda est une comédie douce-amère, drôle et bien menée dans le Chili apaisé en apparence mais encore tourmenté par les démons du passé (Page des Libraires).

    Michel Edo
  • On rit… tout en pensant ! (Initiales.org)

    Anne-Marie Carlier
    Librairie des Halles (Niort)
  • « L'humour y est tordant, vif et inattendu... surtout aux dépens des volailles ! En quelques mots, les personnages, extrêmement attachants, se dégagent d'une structure narrative complexe liée avec une virtuosité admirable. Si l'on met de côté l'écriture claire et sincère, le génie de la description rapide, le don des évènements surprenants qui rythment ce récit, on retiendra une morale fondamentale : ah! Les pauvres poulets ! »

    Librairie La plume et l'Ecran (Bussy St-Georges)
  • le 2 février 2010 chroniqué par Emilie Valentin
    ARTE Journal
  • le 22 janvier 2010 : coup de cœur d’Ali Baddou
    CANAL + Le Grand Journal
  • , Interview par Francesca Isidori le 26 juin de 22h10 à 23h.
    FRANCE INTER Les affinités électives
  • , chronique par Brigitte Kernel le 15 février 2010
    FRANCE INTER Noctiluque
  • , Palmarès par Bernard Lehut le 4 février 2010
    RTL-L’EXPRESS
  • le 23 janvier 2010, chroniqué par Ali Baddou à 15h30
    FRANCE CULTURE Radio Libre
  • : Luis Sepúlveda: lecture de La Lampe d'Aladino et de L'Ombre de ce que nous avons été par Luis Sepúlveda et Bernard Giraudeau, enregistrée en public à l'Odéon-Théâtre de l'Europe le 17 octobre 2009.
    FRANCE CULTURE Fictions/Drôles de drames
  • le 21 janvier 2010, chroniqué par Kathleen Evin à 20h
    FRANCE INTER L'Humeur vagabonde
  • le 19 janvier 2010, interview de Luis Sepúlveda par Pauline Cazaubon
    CANAL + La Matinale
  • le 15 janvier 2010, chroniqué par Eric Naulleau à 19h45
    Star mag
    TPS STAR
  • le 13 janvier 2010, interview de Luis Sepúlveda par Louise Dupont
    FRANCE 24 Le Journal de la culture
  • le 13 janvier 2010, interview de Luis Sepúlveda par Jean-Marc Four à 18h
    FRANCE INTER Et pourtant elle tourne
  • « En refermant le livre, on se dit que c’est un impeccable conte philosophique moderne que l’on vient de lire. »
    Michel Doussot
    ROUTARD.COM
  • le 2 janvier 2010, chroniqué par Joseph Macé-Scaron à 17h
    FRANCE CULTURE Jeux d'épreuves
  • Interview de Luis Sepúlveda
    William Irigoyen
    LE POING ET LA PLUME
  • Interview de Luis Sepúlveda
    Céline NGI
    FLUCTUAT.NET
  • "Les personnages du romancier chilien évoluent dans cette ambiance d’anciens combattants, pour ainsi dire, mais la vigueur de la plume de Luis Sepúlveda et l’espièglerie de ces vieux rebelles assurent un délice de lecture. Pinochet était un monstre, comme tous les dictateurs, mais les tyrans n’empêcheront jamais la vie de continuer à vibrer ; les rêves, même entachés par le sang et la mort, subsistent car les idéaux et les désirs qui les accompagnent jamais ne meurent.Une fiction brève, belle et attachante."
    Frédéric Bargeon
    PARUTIONS.COM
  • "Sepúlveda, d’une plume de maître, celle d’un écrivain qui n’a plus rien à prouver, nous embarquer dans une histoire dans la quelle sont bannies haine, rancœur, nostalgie, mélancolie et tutti quanti."
    Martine Laval
    TELERAMA.FR
  • "Maître de la métaphore improbable, du clin d’œil burlesque et des rebondissements loufoques, Sepúlveda revisite l’Histoire pour partager la vision et les émotions des perdants."
    Mélanie Carpentier
    EVENE.FR
  • "Conçu comme une partition jouée allegro con brio par des perdants nés, L’Ombre de ce que nous avons été évite miraculeusement les écueils du sentimentalisme. Lucho Arancibia refuse de croire que son ami ait pu vivre treize ans à Paris sans avoir connu Brigitte Bardot. Quand Salinas prétexte une question de temps avant de préciser que la diva est maintenant "une grosse vieille réactionnaire et de mauvaise humeur" qui se consacre à l’élevage des chiens, Cacho fait évidemment la sourde oreille : "C’est pas vrai. Elle est jolie, blonde, prend le soleil à poil sur une terrasse et, pour arriver à elle, il suffit d’écarter des draps accrochés à un étendoir." Au narrateur d’épiloguer alors sur l’immuable pays de la mémoire, "intact comme un nichon de sainte Thérèse ou un film de Roger Vadim". Intact, loufoque et fringuant, comme trois sexagénaires attendant Godot ou un roman de Luis Sepúlveda."
    Corina Ciocârlie
    JEUDI
  • "Grand bricolage baroque et libre épousant la logique capricieuse du souvenir, son texte prend à rebours nos habitudes et nos repères pour nous emmener toujours ailleurs."
    Mireille Descombes
    L’HEBDO SUPPLEMENT
  • "Luis Sepúlveda, ogre débonnaire [...] publie [...] un très beau roman hanté par la mémoire."
    Mireille Descombes
    L’HEBDO
  • "Une nostalgie omniprésente mais jamais triste ou cafardeuse, des élans passionnés pour les valeurs d’extrême-gauche, fussent-elles devenues poussières sous le tapis de l’Histoire. Et une ironie savoureuse, parfois loufoque, qui ne pardonne rien au monde mais sans doute tout aux hommes. Le parcours et les souvenirs de Sepúlveda se mêlent d’évidence à ceux de son savoureux trio de révolutionnaires qui plie, mais jamais ne rompra."
    Olivier Van Vaerenbergh
    FOCUSVIF
  • "Luis Sepúlveda propose un roman noir mêlant fiction et réalité, porteur d’espoir. L’œuvre de cet écrivain humaniste et engagé galvanise la capacité de croire en ses rêves."
    Camille Perotti
    LA LIBRE BELGIQUE
  • "Avec L’Ombre de ce que nous avons été, Luis Sepúlveda affronte les traumas du coup d’Etat militaire et l’amnésie qui sévit encore au Chili. Avec un humour fraternel et imparable."
    Lisbeth Koutchoumoff
    LE TEMPS
  • « Pétri de nostalgie et d’ironie tendre, L’ombre de ce que nous avons été parle avec finesse de la jeunesse envolée et de l’exil. »
    Annick Monod
    LA LIBERTE
  • "Il y a ici quelque chose d’un bon tour joué à la société telle qu’elle a fonctionné, qu’on l’a laissée fonctionner, quand on ne l’encourageait pas, pendant la dictature. Dans le cambriolage moral, c’est le mot "moral" qui compte. Luis Sepúlveda est le justicier même pas démasqué qui rappelle à propos la valeur des idées et combien il peut être essentiel d’y rester fidèle."
    Pierre Maury
    LE SOIR
  • "L’écriture lyrique de Luis Sepúlveda illumine chaque page de cette histoire empreinte d’émotion et d’humour."
    Jean-Paul Guéry
    LA TETE EN NOIR
  • "L’auteur chilien nous propose les portraits cocasses et attachants de trois héros cassés par l’Histoire récente et l’exil, mais qui n’ont perdu ni leur humour ni leur capacité de croire en un rêve. Un roman drôle, émouvant et intelligent."
    Patrick Beaumont
    LA GAZETTE NORD-PAS DE CALAIS
  • "Facétieux mélancolique, Luis Sepúlveda enchante."
    Frédérique Bréhaut
    LE COURRIER DE L’OUEST
  • "L’écriture lyrique de Luis Sepúlveda illumine chaque page de cette histoire empreinte d’émotion et d’humour."
    Jean-Paul Guéry
    LE MAINE LIBRE
  • "Comme un clin d’œil ironique et une belle vengeance des vaincus d’hier."
    Daniel Muraz
    LE COURRIER PICARD
  • "L’auteur chilien nous propose les portraits cocasses et attachants de trois héros cassés par l’Histoire récente et l’exil, mais qui n’ont perdu ni leur humour ni leur capacité de croire en un rêve. Un roman drôle, émouvant et intelligent."
    Patrick Beaumont
    LA GAZETTE NORD-PAS DE CALAIS
  • "Ceci n’est pas un roman, c’est un poème, à la dignité et à la vérité, poli phrase après phrase par le cœur d’un homme libre."
    Daniel Ruiz
    CENTRE FRANCE
  • "A travers ces personnages couturés de partout, pas toujours bien cicatrisés de tant de blessures au bout de la calle Santa Fé, c’est Luis Sepúlveda que nous aimons. Il nous touche au cœur, réveille ce qu’il y a de meilleur en nous et fait appel à cette fraternité que nous n’osons pas toujours montrer. Le rideau de fond de son théâtre d’acteurs de tous les jours est d’un merveilleux lyrisme, moiré de la générosité et des rides d’une vie d’âtres combats. Quand on s’entête à dénoncer les totalitarismes et l’asservissement des peuples la poésie est une arme chargée de futur."
    Daniel Ruiz
    LA MONTAGNE
  • "Roman de la mémoire mais aussi de la transmission, scellant notamment les liens entre Crespo et Delita, où la mémoire populaire entretient malgré le silence de l’histoire officielle l’esprit des vaincus et le souvenir des luttes pour un monde plus libre."
    Veneranda Paladino
    DNA
  • "C’est émouvant et nostalgique, c’est drôle et diablement malin."
    Anne Kiesel
    OUEST FRANCE
  • "Son nouveau roman a reçu en Espagne le prix Primavera 2009. Il raconte trois sexagénaires, condamnés à l’exil par le coup d’Etat de Pinochet. Des héros cassés par l’histoire récente, mais qui n’ont perdu ni leur humour, ni leur capacité de croire en un rêve."
    Jean-Noël Levavasseur
    OUEST France
  • "L’ombre de ce que nous avons été, parle de ceux-là, revenus d’exil trente-cinq ans après le putsch de Pinochet, désenchantés mais prêts pour un ultime "On tente le coup ?". Dans un récit cabossé, émouvant, drolatique, Luis Sepúlveda manie l’autodérision comme un baume réparateur. Et il cesse de pleuvoir sur Santiago."
    Michel Genson
    LE REPUBLICAIN LORRAIN
  • "Je ne parlerai pas de chef-d’œuvre à propos du sublime roman de Luis Sepúlveda, mais le cœur y est. [...] Je ne sais pas pourquoi mais, tandis que je lisais, la tête en feu, ce roman parfait, et envoûtant, m’est revenue en mémoire une réplique de Bette Davis un jour qu’on la félicitait d’être restée si jeune : "La vieillesse n’est pas faite pour les geignards."
    Gérard Guégan
    SUD OUEST DIMANCHE
  • "La qualité littéraire de ce roman vient renforcer l’émotion suscitée par ces quelques résistants que l’on aurait aimé rencontrer et dont on aurait eu beaucoup à apprendre."
    Laurence Rigollet
    ALTERMONDES
  • "Une fresque grandiose entre nostalgie et espérance"
    Laurence Benaïm
    STILETTO
  • "Un Sepúlveda petit module dont on ne se privera pas."
    Jean-Claude Perrier
    L’AMATEUR DE CIGARE
  • « Et c’est ainsi qu’avec un humour teinté d’une tendresse subversive Sepúlveda revisite l’Histoire pour nous faire partager la vision et les émotions des perdants. Naviguant avec jubilation entre les époques, les souvenirs, les acteurs, il jongle de métaphores improbables en situations burlesques, mêlant rebondissements loufoques et dialogues absurdes et truculents en un savant mélange de poésie d’où émergent des vérités oubliées. Celles de ces ombres de l’Histoire qui trainent avec eux le désespoir des vaincus, évoquant leurs échecs avec humour, prodiguant au passage, une intelligente leçon de résistance et de courage empreinte d’une subtile et poignante nostalgie. »
    Dominique Ruffin
    LE MUTUALISTE RATP
  • « Engagé et militant, l’écrivain chilien est l’un des auteurs latino-américains contemporains les plus lus de la planète. ». Lire l'article entier ici.
    Francisco Cruz
    JAZZ NEWS
  • "Avec les talents de conteur de l’écrivain, ce rendez-vous raté tourne à l’histoire loufoque où il est question de braquer une banque, de l’exil dont on revient jamais, et de poulets… au sens propre comme au figuré."
    Christophe Henning
    PANORAMA
  • "Dans cette tragédie en mode mineur, le destin n’est pas grandiose, simplement absurde et méchamment ironique. Reste aux vaincus l’humour et la grandeur d’avoir su défier ce qui les écrasait. Sepúlveda à son meilleur, cocasse et élégamment mélancolique."
    Sophie Pujas
    TRANSFUGE
  • "[...] il y a du Laurel et Hardy – et un peu de Pieds Nickelés – dans cette histoire parfois loufoque où Sepúlveda brosse le portrait d’une génération tiraillée entre la nostalgie, la dérision et l’envie de continuer à en découdre. Un roman où l’amertume se mêle au sarcasme, sous le signe du réalisme magique."
    André Clavel
    LIRE
  • "Baroque, truculent, terrible et tordant, ce récit claque au vent des possibles : de l’ombre peut naître un horizon."
    Karen Isère
    TELE 7 JOURS
  • « N’hésitez pas à vous jeter corps et âme dans cette histoire d’amitié. »
    Anne Michelet
    VERSION FEMINA
  • « Un pur joyau d’humour anar. »
    Bertrand Fraysse
    CHALLENGES
  • "Les idéologies sont bien mortes, les perspectives du Grand Soir se sont évaporées, mais certains rêves peuvent encore se réaliser. Au nez et à la barbe des blasés et des friqués. La fraternité a toujours un sens, nous dit en substance Luis Sepúlveda, et les leçons de l’Histoire doivent rester vivantes. [...] Revigorant."
    Marie Chaudey
    LA VIE
  • "On se distrait beaucoup dans ce nouveau roman de l’auteur du Vieux qui lisait des romans d’amour. Sans doute, en raison, tout d’abord, du style : coloré sans être emplumé, foutraque sans céder au baroquisme latino-américain, généreux sans aligner les images ou les adjectifs. L’intrigue quitte les rives de la fable politique plaintive pour accéder à celles du polar déjanté."
    Joseph Macé-Scaron
    MARIANNE
  • "Avec Sepúlveda, le tragique fait des grimaces. Et si c’était la tête de clown qui emportait tous les suffrages ?"
    André Rollin
    LE CANARD ENCHAINE
  • "Luis Sepúlveda ne renie rien. Aujourd’hui encore, l’auteur du facétieux Journal d’un tueur sentimental (1998) nous donne rendez-vous avec l’amour, dans un roman en guerre contre l’oubli."
    Martine Laval
    TELERAMA
  • "Des retrouvailles d’anciens camarades de combat à Santiago, le chilien Luis Sepúlveda a tiré une fable sociale hilarante. [...] Quatorzième roman – d’ores et déjà un immense succès en Espagne, en Italie, en Argentine, etc."
    Marianne Payot
    L’EXPRESS
  • "C’est ce mélange de désillusion et d’espérance, de tendre ironie sur le passé qui sous-tend L’ombre de ce que nous avons été, son nouveau livre et son quatorzième en français, toujours chez le même éditeur, Métailié. "Un roman crépusculaire, dixit l’auteur, qui met en scène trois sexagénaires, des anciens combattants chiliens qui croient encore à la Révolution et osent un baroud d’honneur." Fidèle à ses fondamentaux, Luis Sepúlveda, c’est un peu l’éternel jeune homme qui écrit des romans d’amour."
    Jean-Claude Perrier
    LIVRES HEBDO
  • "Ce récit, qui s’étend sur vingt-quatre heures, où l’humour se mêle à l’amour, permet à Luis Sepúlveda de régler quelques comptes et de rétablir quelques vérités."
    Thierry Clermont
    LE FIGARO LITTERAIRE
  • "Jamais œuvre de Sepúlveda n’a frôlé d’aussi près les douleurs du passé, mais avec pudeur et drôlerie surtout."
    David Fauquemberg
    LE MONDE DES LIVRES
  • "L’écrivain chilien, ancien militant emprisonné sous Pinochet et exilé depuis, revient avec un livre très personnel, L’Ombre de ce que nous avons été."
    Nicolas Rauline
    METRO
  • "[...] Sepúlveda réussit le tour de force d’offrir un livre jamais désespéré, plein de drôlerie, de fantaisie, de tendresse et de fraternité avec de beaux moments d’émotion."
    Marie-Thérèse Siméon
    L’HUMANITE
  • "Luis Sepúlveda fait parler les ombres, pour mieux faire rejaillir la lumière, rallumer l’espoir d’un monde un peu meilleur. Après l’enfer, les héros fourbus et chenus ont bien le droit à un petit bout de paradis."
    Philippe Chevilley
    LES ECHOS
  • "Ce roman poursuivi par les fantômes de la dictature met en scène [...] trois exilés chiliens, sexagénaires, qui n’ont pas renoncé à une action révolutionnaire. Mais un destin fantasque donne un autre tour à leurs projets."
    Pierre Vavasseur
    LE PARISIEN
  • "[...] feuilletage de mélancolie mortelle et de burlesque ronchon, de mémoire politique et de vieillissement inéluctable, d’héroïsme et d’étourderie, d’exil et de références culturelles internationales [...]." Lire l'article entier sous format pdf
    Claire Devarrieux
    LIBERATION
  • Lire l'article entier ici.
    édition Septembre 2010
    ALTERMONDES

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Pour nous les vieux, il ne reste plus que Carlitos Santana, se dit le vétéran et il se souvint d’un autre vétéran qui, tout en lui servant du vin quarante ans plus tôt, avait eu la même idée, à une différence près, celle du nom.
– Pour nous les vieux, il ne reste plus que Carlitos Gardel, à la santé du Morocho*, avait alors soupiré son grand-père en regardant avec nostalgie le vin couleur de rubis.
Et c’est tout, se rappela le vétéran. Le lendemain, le grand-père s’était fait sauter la cervelle avec un Smith & Wesson, calibre 38 spécial, un flingue qu’il avait gardé pendant des décennies toujours propre, bien graissé, avec les six projectiles dans le barillet et enveloppé dans un morceau de feutre grenat résistant à l’humidité, aux mites et à l’oubli.
C’est ainsi qu’il l’avait reçu de Francisco Ascaso dans un bar de la rue San Diego, un matin pluvieux daté du 16 juillet 1925 sur tous les calendriers du monde. En plus d’Ascaso, deux hommes se trouvaient avec lui, Gregorio Jover et Buenaventura Durruti qui maudissait le vin chilien trop âpre, trop râpeux ou trop rustique à son goût.
– Bienvenue aux Justiciers, avait dit Durruti. Ils avaient trinqué et Jover lui avait recommandé de prendre soin du revolver parce qu’il avait une histoire : en 1923 il avait servi à liquider Juan Soldevila y Romero, cardinal archevêque de Saragosse.
– Je n’y manquerai pas, avait répondu le grand-père qui, à l’époque, avait trente ans, s’appelait Pedro Nolasco Arratia et était un des ouvriers de l’imprimerie Alborada spécialisée dans les calendriers, les almanachs vétérinaires et les recueils de poèmes de bardes tristes de trop d’amours imaginaires.
Ils avaient fini le vin, payé et pris un taxi pour se rendre à la succursale Matadero de la Banque du Chili.
Ce fut la première attaque de banque dans l’histoire de Santiago. D’après les témoins, les quatre hommes étaient entrés à visage découvert, avaient fermé l’unique porte, sorti leurs armes et Durruti, d’une voix rappelant plutôt celle d’un acteur de feuilleton radiophonique, avait dit : “C’est un hold-up mais nous ne sommes pas des voleurs, les capitalistes s’unissent pour exploiter le peuple dans tous les pays du monde, il est donc juste de les attaquer là où ils s’y attendent le moins. L’argent que nous allons emporter rendra possible le bonheur des damnés de la terre. Salut et anarchie !”
Le lendemain, le journal Última Hora publia une interview de Luis Alberto Figueroa, le caissier de la banque dévalisée, et l’employé devenu vedette déclara qu’en effet l’attaque avait été commise par quatre hommes, tous armés, mais qu’il n’avait jamais eu peur car ces types lui avaient inspiré davantage confiance que les clients habituels de la banque. Mme Rosa Elvira Cárcamo, vendeuse dans une des boucheries de l’abattoir, indiqua que les quatre hommes étaient passés devant sa boutique environ dix minutes après les faits, au moment précis où elle disposait sur son comptoir un collier de boudins tout chauds. Trois d’entre eux parlaient comme des Espagnols et l’autre comme un Chilien. Le plus grand des Espagnols – Durruti, d’après la photo diffusée par la police argentine – s’était écrié en les voyant : “Ces morcillas sont superbes !” et le Chilien lui avait dit : “Ici on les appelle prietas et, avec une purée de pommes de terre bien relevée, il n’y a rien de meilleur au monde.” Ils en avaient acheté deux kilos et, pour payer, avaient sorti de l’argent d’un sac dans lequel, aux dires de Mme Cárcamo, il y avait plus de billets qu’un brave homme peut en gagner en travaillant honnêtement.
Un autre témoin, le jeune poète Carlos Díaz Loyola, un habitué des abattoirs qui signait ses vers sous le nom de Pablo de Rokha, ajouta : “Ils ont effectué cet achat et ils se sont éloignés dans la foule qui comparait les vertus d’un beau carré de porc préparé à la mode de Chillán, des kilomètres crépusculaires de saucisses, du tressage parfaitement wagnérien des tripes, des tétines présentées avec les hommages d’un lit de persil et des testicules qui, ouverts, exhibaient toute la virilité de la caste des taureaux d’Osorno.”
On peut signaler qu’un autre poète, Ricardo Eliécer Neftalí Reyes Basoalto, plus connu sous le nom de Pablo Neruda dans les milieux bohèmes
de l’époque, lut cette affirmation et, dans une lettre enflammée adressée au directeur de Última Hora, critiqua le barde pour son évident mépris des tétines : “De même que les seins d’une dame ne méritent pas l’opprobre d’une main gantée, l’amertume du persil ne convient pas aux tétines car rien n’est plus digne et plus sensuel que le calme odorant du céleri.”
Dans ce même journal, Marco Antonio Salaberry, directeur de la police judiciaire à l’époque, déclarait sa stupéfaction face à des délinquants qui, après avoir commis le terrible délit d’atteinte à la propriété, s’éloignaient du lieu de leur forfait à pied, avec le naturel d’un croyant sortant de sa messe quotidienne. Il prévoyait une rapide capture des coupables et manifestait également sa préoccupation devant un délit inédit dans un pays pacifique et respectueux des lois.
“Je suis donc le petit-fils d’un pionnier”, se dit le vétéran et, avant de quitter la maison, il se regarda dans la glace. Il était entièrement vêtu de noir, l’ampleur de sa veste ne trahissait pas la bosse du revolver caché sous son aisselle gauche. Dans ses poches, juste quelques pièces de monnaie et une feuille avec un numéro de téléphone.
– Je suis l’ombre de ce que nous avons été et nous existerons aussi longtemps qu’il y aura de la lumière, murmura-t-il avant de refermer la porte.

Luis Sepúlveda est né le 4 octobre 1949 à Ovalle. En 1973, il est emprisonné sous le régime de Pinochet pendant 27 mois. Libéré puis exilé, il voyage à travers toute l'Amérique latine. Plus tard, il travaille comme journaliste et milite avec Greenpeace à Hambourg. Après avoir également vécu à Paris, il s’installe en 1997 à Gijón, dans le nord de l’Espagne, où il fonde le Salon du livre ibéro-américain pour faire connaître le travail des écrivains et des éditeurs indépendants d’Amérique latine. Grand lecteur et homme généreux, il aide les jeunes auteurs. Il écrit des chroniques pour des journaux espagnols et italiens. Il succombe au coronavirus en avril 2020. Auteur de nombreux romans, chroniques, récits, nouvelles et fables pour enfants, il a reçu de nombreux prix prestigieux pour son œuvre. En 1992, son premier roman Le Vieux qui lisait des romans d’amour connaît un immense succès mondial et change sa vie. Quatre ans plus tard, la parution de Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler vient asseoir sa renommée. Ses livres sont désormais publiés dans 52 pays et plusieurs ont été adaptés au cinéma. Portrait par Bernard Sesé à découvrir ici.   Hommage d'Anne Marie Métailié à Luis Sepúlveda : "Luis Sepúlveda a succombé au Covid-19. L’auteur du "Vieux qui lisait des romans d’amour", son premier roman, avait été découvert en 1992 par les libraires français qui en avaient fait un succès tel qu’il avait été immédiatement traduit dans 52 pays. Puis il y avait eu "L’Histoire de la Mouette et du Chat qui lui apprit à voler", un autre très grand succès. Et 20 autres romans et essais. Luis Sepúlveda était un formidable conteur d’histoires. Un écrivain majeur. Sa vie aventureuse dans l’Amérique latine des dictatures avait forgé son regard politique. Militant écologiste, il a su transmettre ses convictions à travers des œuvres inoubliables qui l’ont fait connaitre et aimer dans le monde entier. J’avais rencontré Luis Sepúlveda, alors inconnu, en avril 1992 et au long de ces 28 années de voyages, de galères et de succès, nous avons été des amis fraternels. De vrais amis." Anne Marie Métailié