Publication : 23/09/2010
Nombre de pages : 380
ISBN : 978-2-86424-724-1
Prix : 22 €

Le septième fils

Arni THORARINSSON

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Titre original : Sjöundi sonurinn
Langue originale : Islandais
Traduit par : Eric Boury

Les soirées sont longues à Isafoldur, la capitale des fjords de l’ouest de l’Islande, quand on est chargé de traquer le scoop par un rédacteur en chef avide de sensationnel, et qu’on rêve de retrouver sa nouvelle petite amie laissée à Reykjavik. Et puis on découvre que les bars des hôtels abritent des célébrités intéressantes, une séduisante vedette du football national et son copain d’enfance qui le suit comme son ombre et profite de ses conquêtes, une chanteuse pop qui a failli gagner le titre de Nouvelle Star, un brillant avocat d’affaires, les groupies respectives de ces gens importants, et des groupes d’adolescents en révolte. Des maisons brûlent, des tombes sont profanées, des touristes lituaniens sont volés et soupçonnés de trafic de drogue, tout s’emballe... Einar, le correspondant du Journal du soir, mène l’enquête avec son air désabusé, sa nonchalance et une ironie qui lui permettent d’apprivoiser les témoins et de porter un regard sans préjugés sur les événements. Suite des aventures de Einar commencées dans les deux précédents romans, ce périple dans l’Islande profonde nous montre les transformations mondialisées d’une société au bord de la crise économique, et nous fait voyager au rythme du blues et du rock chers à l’auteur.

  • « Un bon polar et un prétexte à dresser un portrait réaliste de l’Islande contemporaine, "légèrement" plus noire que la vision habituelle… »

    Max Buvry
    LIBRAIRIE VAUX LIVRES (Vaux-le-Pénil)
  • « […] ce Septième fils joue la carte de l’humour tendre. […] Arni Thorarinsson écrit son pays, une nation perdue dans la mondialisation, mais où tous les espoirs sont permis ! »
    Martine Laval
    TELERAMA
  • « Si vous voulez comprendre ce qui se passe en Islande, cet étrange pays en pleine crise économique, dont les volcans perturbent le trafic aérien et où un clown devient homme politique, il faut lire ce roman. »
    Yann Plougastel
    LE MONDE MAGAZINE
  • « … Arni Thorarinsson, son Septième Fils est la meilleure description de l’Islande d’aujourd’hui… »
    Yann Plougastel
    LE MONDE MAGAZINE
  • « Ce troisième opus consacré au journaliste Einar ne décevra pas les amateurs de polars scandinaves. »
    Céline Amabile
    FEMME MAJUSCULE
  • « Nouvelle star, adolescents rebelles, complot sur les droits de pêche et assassinat d’un homme politique, l’Europe n’est qu’une région du monde où le Nord est plus froid que le Sud. »
    Lionel Germain
    SUD OUEST DIMANCHE
  • « Envoyé draguer de nouveaux lecteurs à Isafjördur, dans les fjords de l’Ouest, Einar, le correspondant du Journal du soir, découvre qu’il s’y passe d’étranges choses. Curieux et persévérant, il tient son public en haleine avant de se retrouver lui-même dans un lit d’hôpital. En Islande, on ne plaisante pas. »
    Mireille Descombes
    L’HEBDO
  • « Un polar venu du froid brûlant comme la braise. »
    Jean-Rémi Barland
    LA PROVENCE
  • « Au cœur de l’Islande profonde, un journaliste traqueur de scoops et une séduisante commissaire de police vont enquêter sur une série de vols, profanations de tombes, incendies, trafics et meurtres au rythme du rock et du blues… »
    CITY MAGAZINE
  • « Rien de touristique dans cette plongée dans une Islande en pleine mutation, frappée de plein fouet par les effets conjugués de la crise et de la mondialisation. »
    Françoise Lafaix
    L’YONNE REPUBLICAINE
  • « Ce roman noir est une véritable plongée dans l’Islande profonde, en pleine mutation, frappée par les effets de la crise et de la mondialisation »
    LA REPUBLIQUE DE SEINE-ET-MARNE
  • « [...] lorsque des maisons brûlent, que des tombes sont profanées, que des touristes étrangers sont volés et soupçonnés de trafic de drogue, le journaliste nonchalant sera au premier plan. »
    Martine Freneuil
    LE QUOTIDEN DU MEDECIN
  • « Un excellent polar, de ceux que l’on n’oublie pas. »
    Jean-François Micard
    OBSKÜRE MAGAZINE
  • « … un ton particulier entre polar et documentaire, avec une pointe d’introspection et cette impression que tout Islandais est pris dans une histoire et un climat si particuliers qu’il lui faudrait une vie pour les partager. »
    Daniel Martin
    LA MONTAGNE
  • « L’enquête vue par un reporter du Journal du Soir, ça change des habituels flics. »
    Jean-Claude Van Troyen
    LE SOIR
  • « Mais pourquoi l’Islande devient-elle le pays du polar ? »
    Etienne Dumont
    LA TRIBUNE DE GENÈVE
  • Plus d'infos ici
    Anne-Laure Maire
    AUFEMININ.COM
  • Plus d'infos ici
    Françoise Bachelet
    LIVRES-A-LIRE.NET
  • Plus d'infos ici
    Axelle Simon
    K-LIBRE.FR
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    David Assolen
    ECOLESJUIVES.FR
  • Plus d'infos ici.
    CAHIERDENOTES.COM
  • Plus d'infos ici.
    LES OBSEDES TEXTUELS.COM
  • Plus d'infos ici.
    Yv
    LESROUTESDEL’IMAGINAIRE.BLOGSPIRIT.COM
  • Interview à lire ici.
    Salomé Kiner
    NABBÛ
  • Chronique à lire ici.
    Salomé Kiner
    NABBÛ
RADIO ZINZINE, « Polarisation »
Entretien avec l’auteur lors du festival de Villeneuve-les-Avignon en octobre 2011



1
UN VENDREDI DE LA FIN OCTOBRE

Je me réveille tôt le matin qui suit l’incendie. J’ignore complètement que l’événement s’est produit pendant la nuit.
Du reste, ça n’a pas la moindre importance. La maison brûle.
On ne sait jamais rien des projets et des manigances des gens un peu partout, que ce soit à l’autre bout du pays ou de l’autre côté du globe. Méfaits et bonnes actions. On ne sait même pas ce que trament les occupants de l’appartement d’à côté. Parfois, on s’interroge sur ceux qui nous sont les plus proches. Il arrive même qu’on aille jusqu’à douter de soi.
Il existe partout des énigmes irrésolues dont, pour la plupart, on ignore l’existence. Alors on passe sa vie à chercher des réponses. Mais comment diable résoudre un mystère dont on ne connaît même pas la nature ?
On reprend un peu de café, des cornflakes, et on jette un œil par la fenêtre. Voilà, c’est l’une de ces journées-là.

Surviennent alors trois gamins de douze ans qui croient tout savoir.
Vers midi, je rédige à grand-peine le quota d’articles que je dois expédier pour l’édition du week-end. L’info la plus importante est, encore une fois, un scandale lié à l’aménagement de la capitale du Nord : une petite maison privée doit-elle céder la place à un grand bâtiment construit par une société ? Les forces nationales en faveur du développement répondent évidemment que oui. Les valeurs économiques priment sur toutes les autres.
Mais je sais que les pages du Journal du soir ont soif de nouvelles autrement plus juteuses que cet abondant et banal muesli quotidien.
Quelqu’un frappe sur le chambranle de la porte et Asbjörn apparaît à l’entrée de mon placard. – Au fait, annonce d’un ton enjoué le directeur de l’antenne d’Akureyri, j’ai reçu la visite d’une charmante petite bande de jeunes gens entreprenants qui voudraient que notre journal parle d’eux.
Je lui lance un regard interrogateur.
– En effet, poursuit-il. Ce sont des petits gars géniaux. Ne sommes-nous pas toujours à l’affût de sujets humains attrayants et positifs ?
– Eh bien, à entendre le rédacteur en chef de Reykjavik, j’ai plutôt l’impression qu’il préférerait qu’on lui serve des thématiques humaines déprimantes et négatives.
Asbjörn secoue la tête et la chair de ses joues tremblote.
– Trausti peut bien se torcher lui-même. Le moment est venu de mettre en lumière les côtés sympathiques et positifs que notre jeune génération porte en elle. Tous ces gamins ne sont pas de futurs voyous abrutis à coup d’ordinateurs, ou des junkies. Il y a ici un grand nombre de jeunes créatifs qui débordent d’imagination et quand ils trouvent la manière adéquate d’exprimer leur talent, notre devoir est d’en parler, tout autant que du reste.
Ils s’appellent Ingi, Gudjon et Alex Thor. Assis au coin-café à l’accueil, silencieux et posés, ils m’ont l’air un peu tendus.
Asbjörn glisse sa bedaine derrière le comptoir et annonce avec un sourire tout en me désignant :
– Je vous présente Einar, c’est le journaliste qui va vous interviewer.
– Bonjour les gars, dis-je en m’installant face à eux. Que voulez-vous me raconter ?
– Nous venons de fonder une entreprise, explique Ingi, celui qui semble être le chef.
Il porte un bonnet bleu qui lui tombe sur les yeux, il a des cheveux roux, des joues bien rouges et rien d’autre sur le dos que son tee-shirt en dépit de la température extérieure qui avoisine zéro.
– Ça fait partie de l’actualité, n’est-ce pas ? me demande-t-il d’un air sérieux.
– Bien sûr que ça en fait partie, pépie Asbjörn par-dessus son ordinateur.
Vêtu d’un blouson à capuche noire, Gudjon adresse un sourire à Alex Thor, lequel porte une doudoune verte et s’exclame : “Yes !” Ils se frappent mutuellement la main, comme ils ont vu faire à la télévision. Sur quoi, ils m’annoncent qu’ils ont l’intention de proposer à leurs concitoyens un service de laveurs de carreaux.

Arni Thorarinsson est né en 1950 à Reykjavík, Islande. Après un diplôme de littérature comparée et de philosophie à l’université d'East Anglia en Angleterre, il se passionne très jeune pour le cinéma, la musique et l'écriture, et parvient à combiner ses trois passions en devenant journaliste. Avant de se mettre à l'écriture, il commence par faire de la critique de cinéma et de livres, des entretiens et du journalisme d'enquête. Il dirige les suppléments du week-end des deux principaux journaux islandais, et il est l'un des fondateurs et des rédacteurs en chef du premier hebdomadaire d'investigation du pays.

Il travaille régulièrement pour la radio et la télévision, écrit des scénarios pour le cinéma et la télévision, et il a déjà publié douze romans.

Ses livres sont traduits dans plus de vingt langues. Un de ses romans (Le Temps de la sorcière), une des enquêtes du journaliste Einar, a été nommé pour l'Icelandic Literature Prize et adapté en mini-série à la télévision par le premier réalisateur islandais nommé aux Oscars, Fridrik Thor Fridriksson.

Bibliographie