Publication : 25/08/2011
Pages : 288
Grand Format
ISBN : 978-2-86424-838-5
Numerique
ISBN : 978-2-86424-815-6

Scintillation

John BURNSIDE

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20 €
ACHETER NUMÉRIQUE
7,49 €
Titre original : Scintillation
Langue originale : Anglais (Ecosse)
Traduit par : Catherine Richard
Prix
  • Prix du roman Virgin-Lire - 2011
  • Prix Millepages - 2011

Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l’Intraville, aux immeubles hantés de bandes d’enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d’enfer contemporain. Année après année, dans l’indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs.

Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l’Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d’espoir et de passion, il aime les livres et les filles.

Il y a dans ce roman tous les ingrédients d’un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l’écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie. On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c’est par le respect et l’admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d’un texte littéraire rare.

« Un joyau exceptionnel qui va au-delà d’une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman. »

Irvine Welsh

  • Je termine aujourd'hui Scintillation et que dire à part le fait que j'ai été bluffé, une fois de plus, par John Burnside. Des fulgurances d'écriture, des moments de pure narration où rien ne manque, des personnages ciselés, sculptés avec une précision millimétrique, une fin de tous les possibles. C'est un roman qui est tout à la fois : poésie, suspense, réflexion. John Burnside fait parti pour moi des grands grands de la littérature contemporaine.

    Ladislas Brault
    Librairie de Bagatelle (Neuilly-sur-Seine)
  • « Ce roman hypnotique, “ beau comme un vieux film d’horreur ”, est une merveille d’écriture et d’intelligence qui happe le lecteur et le laisse pantelant jusqu’à la dernière page. »
    Supplément Lire rentrée littéraire 2011 à découvrir ici.

    Frédérique et Pascale
    VIRGIN MEGASTORE (Paris (Champs-Elysées) - Rennes)
  • « On aimerait qu’avec ce cinquième livre publié par les Editions Métailié, John Burnside touche un public plus large et s’affirme comme l’un des auteurs les plus remarquables de sa génération. »

    Christophe Daniel
  • « Intraville, une ville morte, une usine abandonnée, un royaume interdit peuplé d’enfants à la dérive ...
    Certains disparaissent dans l’indifférence, d’autres se glissent en bandes violentes dans cet univers en décomposition ...
    L’un d’eux, Léonard, cherche l’amour et la vérité, il plonge dans une enquête étrange et nous entraîne dans un univers magique, à la limite du fantastique, à la rencontre d’un homme-papillon, « ange nécessaire », qui lui ouvrira « la » porte ...
    Pour vivre enfin ?
    Un récit poétique cruel, dérangeant et magnifique ...
    Un texte fascinant !!! »

    Aline Huille
  • « Un roman à la fois subtil et puissant qui se déplie comme la métaphore noire de notre monde : corrompu, abandonné, et où tous les espoirs reposent sur des enfants bien plus lucides que leurs aînés. Une écriture lumineuse pour peindre avec finesse un paysage tout en clair-obscur. Avant d'écrire des romans, John Burnside se livrait à la poésie, et dans chacune de ses phrases souffle l'expérience du poète, dans la structure aussi de son roman, inclassable, qui démarre comme un polar mais dont l'intrigue policière s'avère finalement secondaire. Peu importe qui enlève ces enfants; ce qui intéresse l'auteur, c'est le sentiment pesant que les enlèvements engendrent dans la communauté ado. Qui sera le suivant ? Moi ? Et depuis longtemps, aucun adulte n'est en mesure de venir en aide à qui que ce soit, ni les parents, rendus malades par la pollution de l'usine chimique, Vésuve métallique qui même éteint menace encore toute vie, ni le seul agent de police de la ville, grand enfant lui-même probablement recruté pour ça. C'est un roman lancinant, qui décrit un monde sombre, fantôme de lui-même, mais sous les cendres duquel reposent les plus belles pépites. »

    Grégoire Courtois
  • «Magnifique roman que Scintillation, bien que prenant place dans un décor toxique, et dont l’intrigue a tout du thriller morbide. Une friche industrielle, une ville à la population malade, des disparitions d’écoliers que la police qualifie de fugues. Leonard zone dans des ruines d’usines sordides, le policier local ne sait que trop bien pourquoi il a été promu, un entrepreneur promet le renouveau, le changement, et finalement rien ne vient. Tout est là et pourtant…Comment qualifier ce texte sans le ranger dans une boîte ? Pas vraiment un thriller, certainement pas une comédie, définitivement loin du livre d’horreur. L’écriture de John Burnside nous fait prendre le recul nécessaire lorsque cela devient trop sombre, et en fait un livre fort, violent, et pourtant très beau.»

  • «…un roman fort, porté par une écriture lumineuse, poétique, qui force l’admiration, nous happe et nous glace en même temps.»

    MÉDIATHÈQUE DU PLESSIS-ROBINSON ( )
  • "Une terre maudite, écrasée par l'ombre d'une usine chimique désaffectée qui ne cesse d'empoisonner la campagne et la population hébétée de l'Intraville, l'ancienne cité ouvrière. Dans ce marasme contemporain, les adultes semblent avoir perdu la parole et le contact avec leurs enfants rendus à une forme de sauvagerie ludique. Un jour, des mômes disparaissent sans laisser de traces. La terreur s'installe. Les autorités, le flic Morrison en tête, dénoncent des fugues. Mais personne n'est dupe, surtout pas Leonard, ado vif de corps et d'esprit : ses petits camarades n'ont pas quitté ce No Man's Land de leur plein gré...Avec tous les éléments vénéneux d'un possible thriller, l'écrivain écossais tisse un roman où le merveilleux étincelle au cœur des ténèbres. Roman d'apprentissage, hymne à la beauté de la nature triomphante, réflexion sur la veulerie au temps des catastrophes, les mystères persistants et la poésie concrète de Scintillation hantent le lecteur jusque tard dans la nuit."

    Pascal Thuot
  • «…une écriture empreinte d’une incroyable poésie qui nous tient en haleine. Un roman brutal, fort, et malgré tout, tendre. »

    LIBRARIE CHARLEMAGNE (TOULON)
  • « Autant vous le dire tout de suite : John Burnside fait partie des auteurs dont nous aimons et suivons l'œuvre avec constance, tant il semble impossible que l'un de ses livres puisse être mauvais. Scintillation ne fait pas exception, s'inscrivant dans la continuité des romans précédents du romancier et poète écossais. Autant ajouter également que lire Burnside n'est pas de tout repos. Son œuvre, sombre, dérangeante, sonde les abysses de l'âme humaine dans leurs moindres recoins, nous confrontant à toute notre complexité. (…) »

    Retrouvez l’intégralité de leur commentaire sur le blog de la librairie ici

    Géraldine Chognard et Didier Coviaux
  • « J'aime particulièrement ce genre de roman à la frontière de plusieurs genres, inclassable, indéfinissable mais pas complètement obscur ou illisible non plus. Au contraire, Scintillation raconte une histoire, celle de l'Intraville, une ville où le paysage est dévasté, où la forêt est rongée par un mal étrange qui noircit les arbres et où une usine chimique désaffectée domine le tout. C'est dans cet environnement qu'évolue une bande de jeunes dont Leonard, qui se rend bien compte que quelque chose cloche autour de lui. Les adultes sont apathiques et lorsque des enfants, leurs enfants, commencent à disparaître, cela ne semble pas les tourmenter plus que cela. On est donc plongé dans un roman sombre mais poétique, une enquête dans un univers proche du fantastique et à la fois ancré dans le réel, assez étrange et indéfinissable. Je vous le conseille fortement si vous n'avez pas peur d'être déstabilisé. »

    Aurélie Janssens
    Librairie Page et plume (Limoges)
  • « Scintillation, un bien joli mot pour un poème noir. Très noir. Qui se déroule entre deux mondes, l'Intra et l'Extraville. Ceux du dedans, ravagés par les mortels résidus chimiques d'une usine désaffectée, sans avenir et les autres, ceux du dehors, qui ne disent rien de ces mystérieuses disparitions d'enfants. Ces enfants perdus. Un roman thriller dans lequel Léonard, le jeune narrateur, tellement lucide, aime les livres et la littérature. Lire Proust dans le texte, La Bible, Moby Dick et tant d'autres. Piégé dans un gang, il tuera aussi dans un acte rédempteur. La grande lumière blanche du pardon d'un mystérieux homme- papillon. Roman palpitant ou conte fantastique brillant, à multiples facettes, qui nous plonge dans les abysses de l'âme humaine, formidablement écrit. »

    LIBRAIRIE VANDROMME (AUX VANS)
  • « Il s’agit d’un livre envoûtant, riche en retournements de situation et en personnages forts, dans lequel l’humour affleure sur un fond de noirceur. Ce n’est ni un thriller, ni un roman d’anticipation, mais un livre coup-de-poing qui offre un portrait saisissant d’individus perdus dans un monde en déshérence. »

    Jean-Christophe Picot
    Librairie Quantin (Lunéville)
  • « Un bibliothécaire passionné de beaux textes, une jeune fille aguichante, une bande de gamins énervés des neurones et un mystérieux homme papillon s'entrecroisent dans ce conte apocalyptique. Divin ! »

    Doris Séjourné
  • « Scintillation est une œuvre magnifique qui ne cesse de se métamorphoser, passant d’un lyrisme de conte de fées, à la violence la plus poisseuse. »
    Christine Ferniot
    TELERAMA
  • « Un roman violent et lyrique, noir et brillant comme le charbon ».
    CHALLENGES
  • Lire l'article entier ici.
    JOHN BURNSIDE LAURÉAT DU PRIX VIRGIN-LIRE 2011
  • «Les meurtres lyriques de John Burnside» à découvrir ici.
    Mathieu Lindon
    LIBERATION
  • « L’Ecossais John Burnside {…} explore avec une puissance d’évocation parfois sidérante, le sens de la vie dans un univers promis à la destruction. »
    Raphaëlle Leyris
    LE MONDE DES LIVRES
  • « L’Ecosse de John Burnside est une terre cernée d’ombres sur lesquelles il fait glisser l’archet d’une prose envoûtante, mélancolique, presque hypnotique. » Lire l'article entier ici.
    André Clavel
    LIRE
  • « Dans Scintillation, Burnside s’attelle au polar noir et atmosphérique, autour d’une histoire de disparition d’adolescent dans une ville à l’abandon. Ambiance mystique assurée. »
    Emily Barnett
    LES INROCKUPTIBLES
  • «…un hymne à la littérature qui peut sauver les hommes.»
    Christine Ferniot
    TÉLÉRAMA
  • « Dans le vacarme des mouettes. » Lire l'article entier ici.
    André Rollin
    LE CANARD ENCHAINÉ
  • «Quand on referme le livre, on est moins satisfait d’en avoir effectué un possible décryptage qu’impressionné par la force d’un certain nombre de séquences, et sous le charme d’une voix. Burnside, comme le Mark Twain de Tom Sawyer et de Huckleberry Finn, sait admirablement se mettre dans la tête et dans les mots de Leonard, adolescent lucide, caustique, malheureux, en quête d’une vérité, d’un pardon.» Lire l'article entier ici.
    Christophe Mercier
    LE FIGARO LITTÉRAIRE
  • « ..une langue dense, fluide, intensément musicale. »
    Bernard Quiriny
    LE MAGAZINE LITTERAIRE
  • « Voilà du thriller pur malt, cinquante ans d’âge, avec bois empoisonnés, style Glennfiddish,écriture travaillée à la gomina. En route pour l’enfer du décor. »
    SERVICE LITTERAIRE
  • « Etrange et séduisant. »
    Augustin Trappenard
    ELLE
  • « …un livre envoûtant et étrange qui vous surprend et vous hante longtemps. »
    Alexandre Fillon
    LIVRES HEBDO
  • « Cruel et lyrique, Scintillation est le météore halluciné de cette fin d’année. »
    Marine de Tilly
    LE POINT
  • «… la somptuosité d’une prose qui transforme laideur et brutalité en or littéraire. Une alchimie que John Burnside pratique en virtuose. »
    Sophie Pujas
    TRANSFUGE
  • « Au-delà de l’intrigue, l’espace narratif inventé par Burnside, tout entier nourri de ses obsessions, dégage une énergie surprenante, dense, sombre. En un mot, envoûtante. »
    Julie Coutu
    CHRONIC’ART
  • « Le Saint Andrews de John Burnside. » Lire l'article entier ici.
    Emilie Grangeray
    M LE MAGAZINE DU MONDE
  • «"Entre les fleurs couleur de sang" et "les créatures marines mutantes", un Village des damnés à l’ère Fukushima, qui allie brillamment montée d’angoisse et beauté.»
    Emily Barnett
    GRAZIA
  • «Un livre complexe et ambitieux »
    LE COURRIER PICARD
  • « Jaillir la lumière. »
    Françoise Monnet
    LE PROGRÈS
  • « Maître des atmosphères glauques, l’écrivain écossais signe un nouvel opus saisissant. Fable sociale, ce roman post-gothique est aussi le portrait d’une jeunesse perdue. »
    Alain Favarger
    LA LIBERTÉ
  • « John Burnside trouve la "Scintillation" entre détritus chimiques et enfants disparus. L’écrivain écossais dit aussi toutes les possibilités de la littérature. »
    Pierre Maury
    LE SOIR
  • "Dans un no man's land dévasté par la pollution, dans une cité moribonde et apocalyptique, les livres sont la seule étoile qui scintille encore." Lire l'article entier ici.
    André Clavel
    LE TEMPS
  • "Une prose immensément poétique, dans l'épaisseur et la violence." http://blogs.mediapart.fr/editon/bookclub/article/131011/john-burnside-scintillation
    Christine Marcandier-Bry
    MEDIAPART
  • "Un chef-d'œuvre."
    ELEGY
  • "Le lecteur est toujours sidéré par la beauté de l'écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion et les abîmes les plus noirs de l'âme humaine."
    Patrick Beaumont
    LA GAZETTE NORD-PAS-DE-CALAIS
  • « Il y a dans ce roman tous les ingrédients d’un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l’écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter des histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie. »
    Hervé Bertho
    OUEST FRANCE
  • «Ce n’est pas tant le thriller qui envoûte que la formidable force d’écriture de John Burnside, peintre de la nature humaine.»
    Claire Lefebvre et Anne-Sophie Hache
    LA VOIX DU NORD
  • Entretien avec l’auteur à lire ici.
    Jacques Bertho
    L’ALSACE
  • «Le soleil le plus chaud ne peut réchauffer la lecture glaçante de ce livre.»
    Claudine Galea
    LA MARSEILLAISE
  • « Voilà du thriller pur malt, cinquante ans d’âge, avec bois empoisonnés, style Glennfiddish,écriture travaillée à la gomina. En route pour l’enfer du décor. »
    SERVICE LITTERAIRE
  • « Dans une langue magnifique, l’auteur écossais, poète reconnu, sonde les abîmes de l’âme humaine et tisse un climat de terreur aux relents écolo-métaphysiques avec un lyrisme noir et profond. »
    Anne Berthod
    LA VIE
  • « …un livre envoûtant et étrange qui vous surprend et vous hante longtemps. »
    Alexandre Fillon
    LIVRES HEBDO
  • « ..une langue dense, fluide, intensément musicale. »
    Bernard Quiriny
    LE MAGAZINE LITTERAIRE
  • « Disparition d’adolescents dans une ville à l’abandon sont ce qui porte la « Scintillation » du superbe écrivain écossais John Burnside. »
    Hubert Artus
  • « Une sorte de rédemption universelle, une vague de grâce déferlant sur « tout un chacun ». »
    Guillaume Willem
    INDICATION
  • « Un enfant éclaire ce diamant noir. »
    Alphonse Cugier
    LIBERTE 62
  • « Avec une puissance d’évocation rare, John Burnside met en place ce paysage fascinant, entièrement sculpté par la lumière et ses reflets. »
    OPENMAG
  • «On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c’est par le respect et l’admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d’un texte littéraire rare.»
    STRASBOURG MAGAZINE
  • « D’une plume tour à tour poétique, réaliste et féroce, Burnside a écrit un roman superbe et puissant … »
    Pierre Schavey
    LION
  • « Un livre tout en tension. »
    Bruno Pin
    491
  • Plus d'infos ici.
    Géraldine Prévot
    VOGUE.FR
  • Plus d'infos ici.
    LE BLOG DE YV
  • Plus d'infos ici. l
    LE WESTERN CULTUREL
  • Plus d'infos ici.
    L’EXPRESS.FR
  • John Burnside reçoit le Forward Prize de poésie. Plus d'infos ici.
    L’EXPRESS.FR
  • Plus d'infos ici.
    LIVRES HEBDO.FR
  • Plus d'infos ici.
    LA REVUE DES RESSOURCES.ORG
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    ECOLES JUIVES.FR
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    LE BLOG DE MOON
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    LE BLOG DE CRYSSILDA
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    BIBLIOCLUB
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    UNWALKERS.COM
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    A L’OMBRE DE MON CANNELIER
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    CAHIER DE NOTES
  • Plus d'infos ici.
    « L’humeur vagabonde »
    FRANCE INTER
  • 31 décembre 2011. Plus d'infos ici.
    « Le journal du samedi »
    RSR
  • Plus d'infos ici.
    « Le journal de la culture »
    FRANCE 24

RADIO CAMPUS LILLE, « Paludes 606 », Nikola Delescluse

LIBRAIRIE MOLLAT

LA VIE EST PLUS VASTE

Là où je suis à présent, j’entends encore les mouettes. Tout le reste s’estompe, comme le font les rêves dès qu’on s’éveille et qu’on cherche à se les rappeler, mais les mouettes sont encore là, plus sauvages et braillardes que jamais. Elles tournent et virent par milliers, appelant et criaillant d’un bout à l’autre de la presqu’île, tellement stridentes et incessantes que je n’entends que ça : ça, et un dernier murmure de vagues et de galets, un grondement local, insistant, derrière les cris de ces oiseaux fantômes dont je remarquais à peine la présence dans la vie qui fut la mienne avant que je franchisse le Glister. C’est tout ce qu’il reste de cette ancienne vie : des oiseaux, par nuées jacassantes, écumant la presqu’île ; des vagues grises, froides, se déroulant sur la grève. Rien d’autre. Aucun autre son, et rien à voir hormis l’ample et pure lumière dans laquelle je m’avance de mon plein gré, sans relâche, au terme d’une histoire que déjà je commence à oublier.

Dans cette histoire, je m’appelle Leonard et, quand j’étais là-bas, je pensais que la vie était une chose et la mort une autre, mais c’était parce que je ne connaissais pas le Glister. Maintenant que cette histoire est finie, je veux la raconter en entier, alors même que je m’éclipse avant que des noms ne soient donnés ou perdus. Je veux la raconter en entier alors même que je l’oublie et ainsi, en racontant et en oubliant, pardonner à tous ceux qui y figurent, y compris moi. Parce que c’est là que l’avenir commence : dans l’oublié, dans ce qui est perdu. Là-bas, à l’Intraville, il y avait une étiquette sur les vieux bidons de sirop de sucre qu’on achetait à l’épicerie de quartier : l’image d’un lion mort en train de se décomposer dans la poussière, avec des flopées d’abeilles qui se déversaient des ombres et béances de son pelage, soutiraient du miel aux plaies. Je croyais à cette image. Je savais qu’elle était vraie – car il y a eu une époque où les gens pensaient que cette sombre béance, cette plaie, était véritablement la source d’où provenait le miel. Et ils avaient raison, car tout se transforme, tout évolue, et cette évolution est la seule histoire qui se perpétue à tout jamais. Tout évolue pour devenir autre chose, d’un instant à l’autre, à tout jamais. Ça, je le sais maintenant – et ici, là où je suis, je passe et repasse en revue cette histoire précise, inlassablement, rejouant les événements dont je me souviens, situant les blancs et les ombres laissés par l’oubli, me raccrochant à des broutilles comme si c’était le monde tout entier qui s’éclipsait, la vie elle-même qui s’évanouissait dans le passé, et pas seulement moi.

Sauf que rien ne s’éclipse, pas même la conscience de soi. Rien ne s’évanouit dans le passé ; tout est oublié et devient ainsi l’avenir. Tout continue en un lieu que certains habitants de l’Intraville appelleraient l’au-delà – bien qu’ils sachent, au fond de leur cœur, qu’il n’existe pas de vie dans l’au-delà, car il n’existe pas d’au-delà. C’est toujours maintenant, et tout – passé et avenir, problème et solution, vie et mort –, tout coexiste ici, en ce lieu, en cet instant. Ce lieu où je suis a reçu bien des noms, qui varient selon l’histoire à laquelle on se réfère. Paradis, enfer, Tir Na Nog, Temps du rêve. Mais nous savons tous que ce n’est rien de tout ça, que c’est simplement le lieu où chaque histoire commence et finit. Et maintenant c’est mon histoire qui commence à nouveau, une dernière fois, alors même qu’elle s’éteint à petit feu. Pour me la rappeler – pour l’oublier –, il suffit que je me représente un homme dans un bois et tout se déploie, comme ces fleurs en papier qui révèlent en s’ouvrant des couleurs invraisemblablement éclatantes à l’instant où on les jette dans un récipient d’eau?: fleurs de mer, fleurs de lune, fleurs de terre, fleurs couleur de ciel, fleurs couleur de sang. Je connais cette histoire. J’ai l’impression de l’avoir déjà racontée cent fois, peut-être mille, et chaque fois que je recommence, un nouveau petit détail se met en place. Pour finir, je vais la reprendre tout entière une dernière fois, puis je quitterai cet endroit. Car quoi qu’il subsiste de moi, une nouvelle histoire va commencer. Ou peut-être moins une nouvelle histoire qu’une nouvelle variante de l’unique histoire qui se déroule continuellement.
C’est une histoire qui possède une vie propre, pour autant que je puisse le constater. Une vérité propre aussi, mais pas une vérité que l’on puisse énoncer. Elle ne cesse de fluctuer, de glisser hors d’atteinte. John le Bibliothécaire m’a parlé un jour de l’idée que quelqu’un avait conçue, celle du “narrateur-menteur”. Il trouvait ça vraiment drôle. Comme si une histoire était un assortiment de faits, comme si celle que nous sommes en train de vivre n’en était qu’une succession, A interdisant B, Y entraînant Z. John le Bibliothécaire aimait dire qu’en matière de mensonge, ce n’est pas du narrateur qu’il fallait se soucier, mais de l’auteur. Et là, je crois qu’il voulait dire Dieu, le destin, ou quelque chose du même acabit. Mais là-dessus je ne suis pas sûr d’être d’accord avec lui. À mon avis, c’est l’histoire qui ment, pas le narrateur – et je ne crois pas qu’il existe un quelconque “auteur”. Juste une histoire qui se poursuit à l’infini. Parfois, il y a quelque chose qu’on peut raconter, et parfois rien. Pour autant que je l’aie constaté, n’importe qui peut se charger de raconter si ça lui plaît, mais ça n’a pas la moindre incidence sur le déroulement de l’histoire.

La vie est plus vaste, elle. Tandis que ma propre petite variante de cette histoire précise commence à nouveau pour la dernière fois, dans l’instant qui précède son oubli, il se peut qu’elle devienne une restitution parfaite, un récit fidèle, narré une fois pour toutes. Si les choses se déroulent comme ça, si elles se déroulent jusqu’au bout, alors tout est compris. Tout est pardonné. Pour commencer à nouveau, pour oublier enfin, il suffit que je me représente un homme seul dans un bois empoisonné – non pas l’unique fois où je l’ai vu là, mais plus tôt, à un moment où son secret était encore entier. Dans cette histoire, je m’appelle Leonard, mais je ne suis pas cet homme dans les bois. Je suis un jeune garçon qui disparaît sans bruit du monde qu’il connaissait et a déjà cessé de connaître, plus ou moins à dessein. L’homme dans les bois, c’est Morrison, l’unique agent de police de l’Intraville. Avant que je l’oublie à tout jamais, il trouvera l’enfer ou le salut, et le monde tel qu’il le connaît prendra fin. Et c’est très bien ; même si, à mesure que l’histoire se déroule, ni lui ni moi ne le comprenons.

John Burnside a reçu le Forward Poetry Prizes 2011, principale récompense déstinée aux poètes en Grande-Bretagne.

John Burnside est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Écosse, où il vit actuellement. Il a étudié au collège des Arts et Technologies de Cambridge. Membre honoraire de l’Université de Dundee, il enseigne aujourd’hui la littérature à l’université de Saint Andrews. Poète reconnu, il a reçu en 2000 le prix Whitbread de poésie. Il est l’auteur des romans La Maison muette, Une vie nulle part, Les Empreintes du diable et d'un récit autobiographique, Un mensonge sur mon père. John Burnside est lauréat de The Petrarca Awards 2011, l'un des plus prestigieux prix littéraire en Allemagne.

Bibliographie