Publication : 11/02/2005
Nombre de pages : 156
ISBN : 9782864248859
Prix : 9 €
Disponible

Adios Hemingway

Leonardo PADURA

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Titre original : Adios Hemingway
Langue originale : Espagnol (Cuba)
Traduit par : René Solis

Mario Conde a quitté la police cubaine pour se consacrer à l’écriture et au commerce des livres anciens, secteur très florissant dans La Havane dont la décadence se poursuit inexorablement. Au cours de travaux dans le jardin de la maison-musée d’Ernest Hemingway, un cadavre a été déterré. On fait appel au Conde. Dans l’ancien enclos des combats de coqs, le cadavre portait un insigne du FBI, dans la boîte sur la dernière étagère du placard des traces du passage d’Ava Gardner, dans la mémoire des vieux une mitraillette Thompson…

Ce n’est pas facile d’enquêter sur un romancier de la taille de Papa quand on entretient avec son image et ses oeuvres des rapports ambigus
d’admiration-haine, mais Mario va retrouver des amis de son grand-père qui lui raconteront ce monstre sacré, malade, généreux, odieux, paranoïaque, inoubliable. Il ira jusqu’au bout de l’enquête, au risque de mettre à mal les idées reçues.

  • « Hemingway assassin ? Padura, avec beaucoup d'humour, nous provoque avec cette question. On attend, on est curieux et au fil des pages on découvre un «monstre Ernesto» très inattendu. Ce Adios Hemingway est à saluer ! »
    André Rollin
    LE CANARD ENCHAINE
  • "Pour un romancier, la manière la plus délicate, et la plus risquée, de rendre hommage à l'écrivain qui l'a inspiré, est de le projeter dans l'une de ses propres fictions. Le Cubain Leonardo Padura l'a fait avec Ernest Hemingway : son bref roman salue par l'imagination l'enfance d'une vocation. Padura admire l'Américain et ne cache pas ce qu'il lui doit ; son "double" policier, Mario Conde, non plus. Une tétralogie a conté ses enquêtes dans La Havane, une par saison. De meurtres en désillusions, de rhum en douceur des choses, la ville fixait le thé?tre d'une sensualité, d'un plaisir, d'une lumière, de plus en plus déprimés. A l'issue de l'Automne à Cuba, "le Conde" démissionnait pour écrire - sans vraiment y parvenir. Adios Hemingway le remet en piste pour un petit tour d'honneur. Une tempête a déraciné un manguier dans l'ancienne propriété d'Hemingway, la Finca Vigia, devenue un musée sans gr?ce et sans argent. Sous les racines, on a trouvé les os d'un assassiné. Le meurtre remonte à l'année 1958. L'auteur du Vieil homme et la mer vivait encore là. Est-il l'assassin? Les anciens collègues de Conde lui proposent de résoudre l'énigme."
    Philippe Lançon
    LIBERATION
  • "Les cinéphiles (et autres fétichistes) auraient sans doute préféré un autre titre au roman du Cubain Leonardo Padura. " La Culotte noire d'Ava Gardner " par exemple - cette culotte gardée en trophée par Hemingway, avec laquelle il enveloppait (ben voyons !) son revolver calibre 22 dans sa propriété de La Havane, la Finca Vigia. Cette culotte, le héros de Padura, l'ancien flic Mario Conde devenu plus ou moins détective privé, la subtilise au domicile-musée de l'écrivain américain. Il finira par la glisser dans une bouteille qu'il lancera à la mer. Mais laissons-là cette précieuse pièce de lingerie pour en revenir aux motifs de l'enquête officieuse de notre héros. Un squelette a été dé-couvert à la Finca Vigia, celui d'un homme abattu de deux balles dans la poitrine. Près de lui, une plaque du FBI. Hemingway aurait-il assassiné, en 1958, l'un des agents qui ne cessaient de le pister ? Le héros de Padura est agité de sentiments contradictoires. Tantôt admiratif à l'égard de l'écrivain, tantôt horripilé par son machisme, son ingratitude en amitié. En bref, doit-il accabler ou préserver l'écrivain et sa légende ? On lira ce roman un peu hirsute, titubant comme sous l'usage immodéré du rhum-coco, avec une mélancolique complicité."
    Frédéric Vitoux
    LE NOUVEL OBSERVATEUR
  • "Mario Conde, le héros récurrent du Cubain Padura a quitté la police pour vivre sa passion : l'écriture. Mais voilà que dans le jardin de la maison-musée de Hemingway à La Havane, on découvre un squelette enterré là depuis des années et la plaque d'un agent du FBI. Qui a tué cet homme ? L'ex-second de Conde, qui connaît le goût de ce dernier pour la littérature et son admiration pour Hemingway, lui demande de mener l'enquête. Belle manière d'évoquer l'écrivain américain, ce fameux Papa mauvais coucheur, baroudeur, séducteur, grande gueule. Peut-être pas aussi grand ni aussi sympathique qu'on pourrait l'imaginer, se dit Conde, qui ne sait plus que penser de celui qu'il a adulé adolescent. Et le voilà qui cherche les derniers témoins, traque l'homme - Hemingway au bout du rouleau - qui, peu après avoir quitté Cuba, s'est suicidé d'une balle dans la tête. Il erre dans sa maison-musée, se laisse pénétrer par les fantômes qui la hantent, dont le plus sexy est sans nul doute celui d'Ava Gardner, qui a jadis abandonné ici une petite culotte de dentelle noire... Derrière la légende Hemingway, ce sont ses livres, son art d'écrire en jouant du silence que Padura nous invite à (re)découvrir. Mieux qu'un hommage, un partage."
    Michèle Gazier
    TELERAMA

 

D’abord il cracha, puis il expulsa de ses poumons les restes de fumée qui s’y blottissaient, et il finit par lancer
à l’eau, d’une pichenette, le minuscule mégot de la cigarette. La petite brûlure sur la peau l’avait ramené à la réalité, et de retour au monde, il se dit qu’il aurait beaucoup aimé connaître la raison véritable de sa présence en cet endroit, face à la mer, sur le point de se lancer dans un imprévisible voyage vers le passé. Il entreprit alors de se convaincre lui-même que bien des questions qu’il se poserait à partir de cet instant n’auraient pas de réponses, mais il fut rassuré par le souvenir qu’il en avait déjà été de même à propos de bien d’autres questions qu’il traînait tout au long de son existence, et il finit par accepter l’ironie de l’évidence: vivre avec bien plus d’interrogations que de certitudes était son lot. C’est peut-être pour cela que je ne suis plus flic, se dit-il en portant une autre cigarette à ses lèvres.

La douce brise qui montait de la petite anse était une bénédiction dans la chaleur de l’été, mais Mario Conde avait choisi ce court secteur du Malecón qui bénéficiait de l’ombre de très vieux pins pour des motifs en fait étrangers au soleil et à la chaleur. Assis sur le mur, les pieds au-dessus des rochers, il jouissait de la sensation d’être libéré de la tyrannie du temps, et de l’idée qu’il pourrait passer dans cet endroit précis le reste de sa vie, sans autre occupation que penser, se souvenir et contempler la mer, la mer si calme. Et si une bonne idée surgissait, y compris l’envie de se mettre à écrire, tout à son paradis personnel le Conde avait déjà fait de la mer, de ses effluves et de sa rumeur, le décor parfait pour son esprit et pour sa mémoire têtue, où surnageait, tel un naufragé obstiné, une douce image: il vivait dans une maison en bois, face à la mer, consacrant ses matinées à l’écriture et ses après-midi à la pêche et à la nage. Et même si cela faisait un bon bout de temps que la réalité s’était chargée de mettre à mal ce rêve, avec la cruauté qui lui est propre, le Conde n’arrivait pas à comprendre pourquoi il était aussi attaché à cette image, qui avait au début la netteté d’une photographie et dont aujourd’hui il parvenait à peine à distinguer les lumières floues qui semblaient sortir de la palette d’un impressionniste raté.

Il cessa donc de s’inquiéter de la raison profonde qui lui montrait le chemin à suivre cet après-midi-là: il savait seulement que son corps et son esprit avaient absolument exigé de lui qu’il retournât vers cette petite anse de
Cojímar échouée dans ses souvenirs. En réalité, tout avait commencé au même endroit, face à la même mer, sous les mêmes pins et dans les mêmes odeurs, ce jour de 1960 où il avait rencontré Ernest Hemingway. La date précise s’était effacée, comme tant de bonnes choses de la vie, et il ne pouvait garantir s’il avait encore cinq ans ou s’il venait d’en avoir six, mais de toute façon, à cette époque, son grand-père Rufino el Conde avait déjà pour habitude de l’amener dans les endroits les plus variés, depuis les arènes de combats de coqs et les bars du port jusqu’aux tables de domino et aux terrains de base-ball, tous ces lieux chers à son âme ou le Conde avait appris plusieurs des choses importantes que se doit de connaître un homme. Cet après-midi-là, qui aussitôt deviendrait inoubliable, ils avaient assisté à un combat de coqs à Guanabacoa et son grand-père, qui avait gagné, comme presque toujours, avait décidé de lui faire un cadeau en l’amenant au village de
Cojímar manger ce qu’il s’obstinait à appeler les meilleures glaces de Cuba, fabriquées par le Chinois Casimiro Chon, dans des vieilles sorbetières en bois et toujours avec des fruits frais.

Le Conde croyait encore se souvenir de la saveur pâteuse de la glace au mamey et de sa joie tandis qu’il observait la manœuvre d’un beau yacht à coque noire et à mâture marron, d’où pointaient vers le ciel deux énormes gaules de pêche qui lui donnaient l’allure d’un insecte flottant. Si le souvenir était vrai, le Conde l’avait suivi des yeux tandis qu’il se rapprochait doucement de la côte, qu’il fendait la flottille des vieux rafiots de pêche ancrés dans l’anse et qu’il mouillait à côté de l’embarcadère. C’est alors qu’un homme roux torse nu sauta du yacht jusqu’au quai en béton pour rattraper la corde qu’un autre homme, qui portait une casquette blanche et sale, lui lançait depuis le pont. Tirant son cordage, l’homme roux rapprocha le yacht d’une borne d’amarrage où il l’attacha avec un nœud parfait. Peut-être son grand-père Rufino lui dit-il alors quelque chose, mais les yeux et la mémoire du Conde s’étaient déjà fixés sur l’autre personnage, l’homme à la casquette, qui portait aussi des lunettes de soleil rondes et vertes, et une barbe poivre et sel fournie. L’enfant le regarda sauter du yacht et s’arrêter pour dire quelque chose à celui qui était déjà sur le ponton. Toute sa vie, le Conde serait convaincu d’avoir vu les deux hommes se serrer la main et, sans se lâcher, parler durant un moment imprécis dans son souvenir, peut-être une minute ou bien une heure entière, mais sans jamais se lâcher la main. Le vieux avec la barbe avait alors donné l’accolade à l’autre et, sans se retourner, s’était avancé sur le ponton en direction du rivage. Ce vieil homme barbu et négligé avait quelque chose du Père Noël, de grands pieds et de grandes mains, et il marchait d’un pas assuré mais d’une façon qui dénotait une certaine tristesse. Ou peut-être était-ce seulement un effet magnétique aussi mystérieux que prémonitoire, une touche de nostalgie par anticipation destinée à s’inscrire au cœur d’un futur que l’enfant ne pouvait même pas imaginer. Lorsque l’homme à la barbe poivre et sel gravit les marches en ciment qui menaient au trottoir, le Conde le vit mettre sa casquette sous son bras. Il tira de la poche de sa chemise un peigne et entreprit d’arranger sa coiffure, en la plaquant vers l’arrière et en s’y reprenant à plusieurs fois, comme s’il avait eu besoin d’insister. A un moment, l’homme passa si près du Conde et de son grand-père que l’enfant perçut une bouffée de son odeur: c’était un mélange de transpiration et de mer, de mazout et de poisson, une odeur malsaine et prégnante.

– Décidément, ça ne s’arrange pas.

C’est ce que dit son grand-père et le Conde ne sut jamais s’il faisait allusion à l’homme ou à la météo, car à ce carrefour de son évocation, son souvenir et ce qu’il avait appris ensuite se confondaient, le bruit des pas de l’homme et un coup de tonnerre dans le lointain, et, pour cette raison, c’était à cet endroit que le Conde avait l’habitude d’interrompre la reconstitution de son unique rencontre avec Ernest Hemingway.

– Tu vois, lui, c’est Hemingway, l’écrivain américain, ajouta le grand-père après son passage. Tu savais que lui aussi, il aimait les combats de coqs?

Le Conde s’imaginait dans son souvenir avoir entendu cette réflexion tandis qu’il regardait l’écrivain monter dans une Chrysler noire toute brillante, garée de l’autre côté de la rue, puis, de la fenêtre et sans avoir enlevé ses lunettes vertes, faire au revoir de la main, précisément dans la direction du Conde et de son grand-père, même s’il s’adressait peut-être à un destinataire bien plus lointain, en direction de l’anse ou il avait laissé le yacht et l’homme au teint rougeot auquel il avait donné l’accolade, ou bien à l’attention du vieux fort espagnol construit pour défier le cours des siècles, ou peut-être plus loin encore à l’attention du courant qui traversait le golfe… Mais l’enfant avait déjà attrapé le salut au bond et avant que l’auto ne démarre, il le lui rendit de la voix et du geste.

Adios, Hemingway cria-t-il, et le sourire de l’homme fut sa réponse. Quelques années plus tard, lorsqu’il avait découvert le douloureux besoin d’écrire et qu’il avait commencé à choisir ses idoles en littérature, Mario Conde sut que cela avait été la dernière sortie d’Ernest Hemingway sur ce bout de mer qu’il avait aimé comme peu d’endroits au monde, et il avait compris que l’écrivain américain n’avait pas pu lui dire au revoir à lui, minuscule insecte posé sur le Malecón de Cojímar, mais que c’était de plusieurs des choses essentielles de la vie dont il prenait congé.

– Tu en veux un autre? demanda Manolo.

– Ben oui, répondit le Conde.

– Simple ou double?

– A ton avis?

– Hé la Pipe, deux doubles rhum, cria le lieutenant Manuel Palacios en tendant le bras vers le barman, qui servit les verres sans ôter sa bouffarde de la bouche.

Le Torreón était un bar encore plus mal éclairé que sale, mais on y trouvait du rhum, du silence et les ivrognes y étaient peu nombreux. Depuis sa table, le Conde pouvait continuer à contempler la mer et les pierres décrépites de la tour de guet coloniale qui avait donné son nom à l’endroit. Sans se presser, le barman s’approcha de la table, disposa les verres remplis, ramassa ceux qui étaient sales en les coinçant entre ses doigts aux ongles noirs et regarda Manolo.

– La pipe c’est pour ta mère, dit-il lentement. Et ça prétend être flic.

– Merde, la Pipe, le prends pas mal, lui dit Manolo d’une voix douce. C’était pour de rire.

Le barman s’éloigna en faisant la gueule. Il avait déjà lancé au Conde un regard mauvais quand celui-ci lui avait demandé s’ils servaient des « Papa Hemingway », le daiquiri que l’écrivain avait l’habitude de boire, avec deux mesures de rhum, du jus de citron vert, quelques gouttes de marasquin, beaucoup de glace pilée et pas du tout de sucre.

– De la glace, je n’en ai plus revu depuis l’époque où
j’étais pingouin, avait répondu le barman.

– Et comment tu savais que tu me trouverais là? demanda le Conde à son ex-camarade après avoir englouti d’un coup la moitié de son verre.

– Je suis flic, oui ou non?

– Arrête de me piquer mes expressions.

– Elles ne te servent plus à rien, Conde… tu n’es plus flic, dit en souriant le lieutenant enquêteur Manuel Palacios. Non, c’est juste que comme je te connais bien, je me suis dit que je te trouverais sûrement là. Je ne sais pas combien de fois tu m’as raconté l’histoire du jour oit tu as vu Hemingway. Il t’a vraiment dit au revoir, ou tu l’as inventé?

– Tu n’as qu’à trouver toi-même, puisque tu es flic.

– Tu es en rogne?

– Je ne sais pas. Je ne veux pas me mêler de ces histoires… mais en même temps, ça me démange.

– Si ça te démange, ne te retiens pas. Tu peux toujours t’arrêter quand tu veux. De toute façon, ça n’a pas grand sens. Ça fait presque quarante ans…

– Merde, je ne sais vraiment pas pourquoi je t’ai dit oui… Je sais bien qu’après, je ne pourrai plus m’arrêter, même si je le veux.

Le Conde finit son verre sans cesser de ronchonner. Huit années hors de la police, cela fait un bail, et il n’aurait jamais imaginé que ce serait aussi facile de revenir au bercail. Ces derniers temps, tout en consacrant quelques heures à l’écriture, ou du moins à des tentatives d’écriture, il passait le reste de la journée à rechercher et à acheter des livres anciens à travers toute la ville pour alimenter l’échoppe d’un ami à lui qui en vendait et lui reversait cinquante pour cent des ventes. Même si c’était un commerce qui rapportait peu, le Conde appréciait ce trafic de livres anciens pour plusieurs bonnes raisons, depuis les histoires personnelles et familiales que cachait toujours la décision de se défaire d’une bibliothèque qui avait peut-être mis trois ou quatre générations a se construire, jusqu’à la flexibilité du temps entre l’achat et la revente, dont il pouvait profiter pour lire tout ce qu’il pouvait trouver d’intéressant avant de le remettre dans le circuit.

La faille dans cette opération commerciale, c’était lorsque le Conde souffrait dans sa propre chair en trouvant de bons vieux livres anciens abîmés par l’ignorance et la négligence, parfois irrécupérables, ou bien lorsque, au lieu d’amener certains volumes trop convoités à l’échoppe de son ami, il décidait de les conserver dans sa bibliothèque personnelle, victime d’une rechute de son incurable bibliophilie. Mais ce matin-là, quand son ancien collègue l’avait appelé pour lui servir sur un plateau l’histoire du cadavre retrouvé à la Finca
Vigía , la maison de Hemingway, et lui avait proposé de reprendre l’enquête s’il le voulait, il n’avait pu résister à la tentation et avait dit oui, à peine les premiers détails connus, tout en regardant douloureusement la feuille blanche coincée sous le rouleau de sa préhistorique machine Underwood.

Leonardo PADURA est né à La Havane en 1955. Diplômé de littérature hispano-américaine, il est romancier, essayiste, journaliste et auteur de scénarios pour le cinéma. Il a obtenu le Prix Café Gijón en 1997, le Prix Hammett en 1998 et 1999 ainsi que le Prix des Amériques Insulaires en 2002. Leonardo Padura a reçu le Prix Raymond Chandler 2009 pour l’ensemble de son œuvre. Il est l’auteur, entre autres, d’une tétralogie intitulée Les Quatre Saisons qui est publiée dans une quinzaine de pays. Ses deux derniers romans, L’homme qui aimait les chiens (2011) et surtout Hérétiques (2014) ont démontré qu’il fait partie des grands noms de la littérature mondiale.  

BIBLIOGRAPHIE : La tétralogie Les Quatre saisons : Passé parfait, 2001; Suites, 2006 - Prix des Amériques Insulaires 2002 Vent de Carême, 2004; Suites, 2006 Electre à la Havane, 1998; Suites, 1999 - Prix Café Gijón 1997 et Prix Hammett 1998 L'Automne à Cuba, 1999; Suites, 2002 - Prix Hammet 1999 et Prix du livre insulaire 2000 Mort d'un Chinois à la Havane, 2001   Le Palmier et l’Etoile, 2003 ; Suites, 2009 ; Suites nouvelle couverture, 2014 Adios Hemingway, 2005 Les Brumes du passé, 2006 ; Suites, 2009 - Prix Brigada 21 du meilleur roman noir 2006 L’Homme qui aimait les chiens, 2011, Prix des libraires Initiales 2011, prix Roger Caillois 2011, Prix Carbet de la Caraïbe 2011, Elu Meilleur roman historique par le magazine Lire 2011 L’Homme qui aimait les chiens, Suites, 2013 Hérétiques, 2014  
Portrait de Philippe Lançon paru dans LIBERATION 
Coup de projecteur sur un auteur paru dans ELKAR
Il a aussi reçu le Prix National de Littérature cubain en 2012 et le prestigieux Prix Princesse des Asturies 2015. 

La tétralogie Les Quatre saisons est en cours d'adaptation sous forme de mini série TV de quatre épisodes de 90 minutes réalisés par le réalisateur espagnol Felix Viscarret qui a aussi tourné une adaptation cinématographique de Vent de Carême. Le rôle de Mario Conde y sera tenu par Jorge Perugorria.
Par ailleurs, Antonio Banderas devrait jouer lui aussi Mario Conde dans une série TV qu'il produit lui-même.

Enfin, L'homme qui aimait les chiens est aussi en phase de production cinématographique.