Publication : 03/02/2011
Nombre de pages : 304
ISBN : 978-2-86424-758-6
Prix : 19 €
Disponible

La Rivière noire

Arnaldur INDRIDASON

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Titre original : Myrká
Langue originale : Islandais
Traduit par : Eric Boury

Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol… Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée.

Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’adjointe d’Erlendur et cuisinière émérite, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. Des indices orientent les inspecteurs vers d’autres sévices soigneusement tenus secrets.

En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.

  • « C’est une société islandaise malade, en pleine déprime et en mal d’identité que nous décrit le romancier. La résolution du crime ne suffira pas à guérir le cœur et l’âme des victimes innocentes. Le roman se referme sur une plaie ouverte. Et le commissaire Erlendur continue de jouer les fantômes… Dieu sait ce que nous réserve sa prochaine apparition ! » Article entier à lire ici.
    Philippe Chevilley
    LES ECHOS
  • « A travers ses investigations, Indridason creuse le thème qui l’obsède : comment le temps façonne les existences. Fascinant et captivant. »
    Philippe Lemaire
    LE PARISIEN
  • « … un roman tout en nuances sans perdre en efficacité. »
    Alain Nicolas
    L’HUMANITE
  • « Alors elle s’est mise à pleurer. Pour son septième polar, "La rivière noire" (…), l’Islandais Arnaldur Indridason nous raconte une histoire, à la fois très simple et terrible, de viol et de vengeance. » Article entier à lire ici.
    Jean-Luc Porquet
    LE CANARD ENCHAINE
  • « Une nouvelle enquête où c’est l’inspectrice Elinborg qui prend les choses en main. »
    Jean-Claude Perrier
    LIVRES HEBDO
  • « La Rivière noire, blafarde enquête autour du cadavre d’un jeune homme retrouvé les poches pleines de Rohypnol (la drogue du viol), appuie une fois de plus là où ça fait mal et dévoile une sourde violence sexuelle, dans une Islande qui pensait ne rien avoir à se reprocher. »
    Philippe Blanchet
    LE FIGARO MAGAZINE
  • « Une fois de plus, l’écrivain réussit à tenir le rythme, sans aucune chute de tension. Formidable. »
    Pascale Frey
    ELLE
  • « Cette lente obstination permet de plonger avec délectation au cœur de la société islandaise. Et ce n’est pas le moindre des mérites de ce roman haletant. »
    Yann Plougastel
    LE MONDE MAGAZINE
  • « L’enquête, minutieuse et subtile. »
    Françoise Mobihan
    TELE STAR
  • « Dans son septième polar, l’auteur s’attache tout autant à l’introspection des personnages qu’à son intrigue. »
    Eric Hahn
    LE PELERIN
  • « Le chef de file islandais n’a pas perdu de son lyrisme. »
    MADAME FIGARO
  • « Arnaldur Indridason est un artisan talentueux qui cisèle son œuvre avec patience. Cet amoureux du genre réussit là un septième opus convaincant dans la pure tradition du roman noir. »
    Franco Fabien
    KAELE
  • « Qui est ce Runolfur la gorge tranchée, des comprimés de Rohypnol (la drogue des violeurs) dans les poches ? Le commissaire Erlendur étant en vacances, c’est la jeune Elinborg, amateur de bonne cuisine, qui s’y colle. Une enquête à petits pas dans un paysage hostile que parviennent à compenser pourtant les plaisirs de la table.»
    Sylvie Metzelard
    MARIE FRANCE
  • « On s’éloigne de la mélancolie d’Erlendur pour celle d’Elinborg et tout s’achèvera devant une pierre tombale. »
    Christine Ferniot
    LIRE
  • « ... Indridason nous offre une plongée dans la violence contemporaine et grandissante d’une société islandaise... »
    Jean-Baptiste Buissière
    ALIBI
  • « Un nouveau roman d’Indridason, qui en dit long sur ces sociétés nordiques qui semblent avoir perdu tout sens des valeurs, en pleine crise sociale autant que boursière.»
    Yonnel Liegeois
    NVO
  • «Un polar épicé qui révèle que, même en Islande, l’Omerta existe.»
    Isabelle Bourgeois
    AVANTAGES
  • «Avec son écriture sobre, concise, délestée de toute surdramatisation, l’auteur nous raconte une histoire de rien du tout. Une histoire banalement abominable.»
    Caroline Diène
    CARREFOUR SAVOIRS
  • « Aussi sombre et passionnant que les précédents titres d’Indridason, "La rivière noire" marque un tournant de son œuvre… »
    Nicolas Fanuel
    ENCRE NOIRE
  • « Fausses pistes, rebondissements et psychologie fouillée des personnages nous entraînent dans un nouveau grand cru. »
    L’AMOUR DES LIVRES
  • « … un troublant polar au féminin. »
    Jean-Michel Ulmann
    NOTRE TEMPS
  • « … le meutrier est peut-être le personnage le plus attachant du livre et de tous ceux qui ont jalonné l’œuvre d’Indridason.»
    Claudine Galéa
    LA MARSEILLAISE
  • « Si les ingrédients sont très classiques, avec fausses pistes et faux coupables, ce roman s’avale d’une bouchée, rehaussé par ses décors naturels. Ceux d’une Islande mystérieuse et sombre.»
    Daniel Morvan
    OUEST France
  • « Cette fois, Arnaldur Indridason a envoyé son commissaire préféré - Erlendur - en vacances, et a confié à son adjointe le soin de résoudre l’affaire. Le lecteur n’est pas perdant pour autant, le réalisme des situations et des personnages est toujours là, l’intrigue passionnante aussi. »
    François Estrada
    L’ECHO DU CENTRE
  • « Son écriture en apesanteur, son souci du rythme n’ont d’égale que la noirceur du propos. »
    Christophe Laurent
    NICE-MATIN
  • « Arnaldur Indridason, sans Erlendur, son héros bourru et aux réactions imprévisibles, signe un roman plus sage, plus humain… »
    Michel Litout
    CENTRE PRESSE
  • «Violence sexuelle, appât du gain, perte des valeurs dans la société islandaise traditionnelle : le constat ne change pas. Et la vérité, comme toujours chez Indridason, remontera du passé.»
    François Montpezat
    DNA
  • « Délaissant son flic fétiche Erlendur, l’Islandais Arnaldur Indridason donne le premier rôle de La Rivière noire à l’inspectrice Elinborg… »
    Jacques Bertho
    L’ALSACE
  • «… un portrait sans concession de la société islandaise… »
    Lyliane Mosca
    L’EST-ECLAIR
  • « … grand talent… »
    Sophie Guiraud
    MIDI LIBRE
  • « En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre la souffrance face aux injustices et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun. »
    Patrick Beaumont
    LA GAZETTE NORD PAS DE CALAIS
  • « … ce roman est une vraie réussite. »
    Jean-Paul Guéry
    LE COURRIER DE L’OUEST
  • « Mené tambour battant, ce thriller d’une grande force émotionnelle, est une habile réflexion sur la violence sexuelle, sur les injustices qui s’y rattachent… »
    Jean-Rémi Barland
    LA PROVENCE
  • « Elinborg fait du bon boulot, mais où est passé Erlendur ? Tout laisse penser à la fin de ce roman charnière que ce sera le sujet du prochain livre. »
    Lionel Germain
    SUD OUEST DIMANCHE
  • « En six ouvrages […] Arnarldur Indridason a imposé sa vision de l’Islande d’aujourd’hui, son univers sombre et violent… »
    Françoise Lafaix
    L’YONNE REPUBLICAINE
  • « Un courant qui irrigue en souterrain la société comme une rivière noire. »
    Gaston-Paul Effa et Richard Sourgnes
    LE REPUBLICAIN LORRAIN
  • « En l’absence d’Erlendur, personnage central des romans d’Indridason, en congé sabbatique après une affaire particulièrement éprouvante, c’est son adjointe Elinborg qui mène l’enquête. Sensible, pugnace, elle va résoudre grâce à son odorat et son intuition féminine une sombre histoire de Rohypnol et de violeur assassiné... »
    Valérie Fournier
    FEMINA
  • « Un roman offrant un spectacle rare, celui d’un écrivain qui se bonifie. »
    Nicolas Dufour
    LE TEMPS
  • « Dans "La rivière noire", Arnaldur Indridason ne déroge pas à sa règle : gratter doucement mais sûrement la banalité qui cache l’ignominie. »
    Geneviève Comby
    LE MATIN DIMANCHE
  • « Arnaldur Indridason, Islandais surdoué, nous mène par le bout du nez. »
    Pierre Maury
    LE SOIR
  • « … palpitant roman policier […] On aime Indridason parce que ses histoires si exotiques, pleines de méchants sur une terre si lointaine, sont en fait si proches de nous et de nos fissures. »
    Guy Duplat
    LIBRE Belgique
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    « Un livre pour la nuit »
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Il enfila un jeans noir, une chemise blanche et une veste confortable, mit ses chaussures les plus élégantes, achetées trois ans plus tôt, et réfléchit aux lieux de distraction que l’une de ces femmes avait évoqués.

Il se prépara deux cocktails assez forts qu’il but devant la télévision en attendant le moment adéquat pour descendre en ville. Il ne voulait pas sortir trop tôt. S’il s’attardait dans les bars encore presque vides, quelqu’un remarquerait sa présence. Il préférait ne pas courir ce risque. Le plus important c’était de se fondre dans la foule, il ne fallait pas que quelqu’un s’interroge ou s’étonne, il devait n’être qu’un client anonyme. Aucun détail de son apparence ne devait le rendre mémorable ; il voulait éviter de se distinguer des autres. Si, par le plus grand des hasards, on lui posait ensuite des questions, il répondrait simplement qu’il avait passé la soirée seul chez lui à regarder la télé. Si tout allait comme prévu, personne ne se rappellerait l’avoir croisé où que ce soit.

Le moment venu, il termina son deuxième verre puis sortit de chez lui, très légèrement éméché. Il habitait à deux pas du centre-ville. Marchant dans la nuit de l’automne, il se dirigea vers le premier bar. La ville grouillait déjà de gens venus chercher leur distraction de fin de semaine. Des files d’attente commençaient à se former devant les établissements les plus en vogue. Les videurs bombaient le torse et les gens les priaient de les laisser entrer. De la musique descendait jusque dans les rues. Les odeurs de cuisine des restaurants se mêlaient à celle de l’alcool qui coulait dans les bars. Certains étaient plus soûls que d’autres. Ceux-là lui donnaient la nausée.

Il entra dans le bar au terme d’une attente plutôt brève. L’endroit ne comptait pas parmi les plus courus, pourtant il aurait été difficile d’y faire entrer ne serait-ce que quelques clients supplémentaires ce soir-là. Cela lui convenait. Il se mit immé­diatement à parcourir les lieux du regard à la recherche de jeunes filles ou de jeunes femmes, de préférence n’ayant pas dépassé la trentaine ; évidemment, légèrement alcoolisées. Il ne voulait pas qu’elles soient ivres, mais simplement un peu gaies.

Il s’efforçait de rester discret. Il tapota une fois encore la poche de sa veste afin de vérifier que le produit était bien là. Il l’avait plusieurs fois tâté tandis qu’il marchait et s’était dit qu’il se comportait comme ces cinglés qui se demandent perpétuel­le­ment s’ils ont bien fermé leur porte, n’ont pas oublié leurs clefs, sont certains d’avoir éteint la cafetière ou encore n’ont pas laissé la plaque électrique allumée dans la cuisine. Il était en proie à cette obsession dont il se souvenait avoir lu la des­crip­tion dans un magazine féminin à la mode. Le même journal contenait un article sur un autre trouble compulsif dont il souffrait : il se lavait les mains vingt fois par jour.

La plupart des clients buvaient une grande bière. Il en commanda donc également une. Le serveur lui accorda à peine un regard. Il régla en liquide. Il lui était facile de se fondre dans la masse. La clientèle était principalement constituée de gens de son âge, accompagnés d’amis ou de collègues. Le bruit devenait assourdissant quand ils s’efforçaient de couvrir de leurs voix le vacarme criard du rap. Il scruta les lieux et remar­qua quelques groupes de copines ainsi que quelques femmes, attablées avec des hommes qui semblaient être leurs maris, mais n’en repéra aucune seule. Il sortit sans même terminer son verre.
Dans le troisième bar, il aperçut une jeune femme qu’il connaissait de vue. Il se dit qu’elle devait être âgée d’une trentaine d’années ; elle avait l’air seule. Elle était assise à une table de l’espace fumeur où se trouvaient d’autres personnes, mais qui n’étaient sûrement pas avec elle. Elle but une mar­garita et fuma deux cigarettes tandis qu’il la surveillait de loin. Le bar était bondé, mais il semblait bien qu’elle n’était sortie s’amuser avec aucun de ceux qui tentaient d’engager la conver­sation avec elle. Deux hommes avaient tenté une approche ; elle leur avait répondu non de la tête et ils étaient repartis. Le troisième prétendant se tenait face à elle. Tout portait à croire qu’il n’avait pas l’intention de s’en laisser conter.
C’était une brune au visage plutôt fin, même si elle était un peu ronde ; ses épaules étaient recouvertes d’un joli châle, elle portait une jupe qui l’habillait avec goût ainsi qu’un t-shirt de couleur claire sur lequel on lisait l’inscription “San Francisco” : une minuscule fleur dépassait du F.

Elle parvint à éconduire l’importun. Il eut l’impression que l’homme éructait quelque chose à la face de la jeune femme. Il la laissa se remettre et attendit un moment avant de s’avancer.

– Vous y êtes déjà allée ? demanda-t-il.

La brune leva les yeux. Elle ne parvenait pas vraiment à se souvenir où elle l’avait vu.

– À San Francisco, précisa-t-il, son index pointé vers le t-shirt.

Elle baissa les yeux sur sa poitrine.

– Ah, c’est de ça que vous parlez, observa-t-elle.

– C’est une ville merveilleuse. Vous devriez aller y faire un tour, conseilla-t-il.

Elle le dévisagea, se demandant sans doute si elle devait lui ordonner de décamper comme elle l’avait fait avec les autres. Puis, elle sembla se rappeler l’avoir déjà croisé quelque part.

– Il se passe tellement de choses là-bas, à Frisco, il y a de quoi visiter, poursuivit-il.

Elle consentit un sourire.

– Vous ici ? s’étonna-t-elle.

– Eh oui, charmé de vous y voir. Vous êtes seule ?

– Seule ? Oui.

– Sérieusement, pour Frisco, vous devriez vraiment y aller.

– Je sais, j’ai…

Ses mots se perdirent dans le vacarme. Il passa sa main sur la poche de sa veste et se pencha vers elle.
– Le vol est un peu cher, concéda-t-il. Mais, je veux dire… j’y suis allé une fois, c’était superbe. C’est une ville mer­veilleuse.

Il choisissait ses mots à dessein. Elle leva les yeux vers lui et il s’imagina qu’elle était en train de compter sur les doigts d’une seule main le nombre de jeunes hommes qu’elle avait rencontrés et qui utilisaient des termes comme “merveilleux”.

– Je sais, j’y suis allée.

– Eh bien, me permettez-vous de m’asseoir à vos côtés ?

Elle hésita l’espace d’un instant, puis lui fit une place.

Personne ne leur prêtait une attention particulière dans le bar et ce ne fut pas non plus le cas quand ils en sortirent, une bonne heure plus tard, pour aller chez lui, en empruntant des rues peu fréquentées. À ce moment-là, les effets du produit avaient déjà commencé à se faire sentir. Il lui avait offert une autre margarita. Alors qu’il revenait du comptoir avec la troisième consommation, il avait plongé sa main dans sa poche pour y prendre la drogue qu’il avait versée discrètement dans la boisson. Tout se passait pour le mieux entre eux, il savait qu’elle ne lui poserait aucun problème.

La Criminelle fut contactée par téléphone deux jours plus tard. Ce fut Elinborg qui reçut l’appel et prit les choses en main. Des agents de la circulation avaient déjà fermé cette rue du quartier de Thingholt quand elle arriva sur les lieux, en même temps que les gars de la Scientifique. Elle vit le médecin régional de Reykjavik qui descendait de sa voiture. La Scienti­fique était tout d’abord la seule habi­litée à accéder à la scène de crime afin de procéder à ses relevés. Elinborg l’avait gelée, pour reprendre l’expression consacrée des professionnels.

Elle s’était occupée du reste en attendant patiemment leur feu vert pour entrer dans l’appartement. Des journalistes de la presse écrite, de la télévision et de la radio s’étaient rassemblés sur place et elle les observait en plein travail. Ils se montraient insistants, certains étaient même insultants envers les policiers qui leur barraient l’entrée du périmètre. Elle en avait reconnu deux ou trois qui travaillaient pour la télévision, un présen­tateur minable récemment promu journaliste et un autre qui animait une émission politique. Elle se demandait ce qu’il fabriquait en compagnie de cette clique. Elinborg se souvenait qu’à ses débuts, lorsqu’elle était l’une des rares femmes dans les rangs de la Criminelle, les journalistes étaient plus polis et, surtout, nettement moins nombreux. Elle préférait ceux des quotidiens. Les représentants de la presse écrite s’accordaient plus de temps, ils étaient plus discrets et moins présomptueux que ceux qui avaient leur caméra à l’épaule. Certains étaient même de bonnes plumes.

Arnaldur Indridason est né à Reykjavík le 28 janvier 1961. Diplômé en histoire, il est journaliste et critique de films pour le Morgunbladid, puis il se consacre à l’écriture. Il vit avec sa femme et ses trois enfants à Reykjavík.

 

Il a publié de nombreux romans à partir de 1997. Il est l’un des écrivains de romans noirs les plus connus en Islande et dans les 37 pays où ses livres sont traduits. Il a reçu le prix Clef de verre du Skandinavia Kriminalselskapet à deux reprises : en 2002, pour La Cité des jarres, et en 2003, pour La Femme en vert, le Prix du Polar Européen Le Point en 2008 pour L'Homme du lac, le Prix d’honneur du festival les Boréales en 2011 et le prix espagnol RBA du roman noir en 2013.

 

Arnaldur Indridason collabore avec The Icelandic Film Fund à l’adaptation cinématographique de ses romans. Le producteur islandais Baltasar Kormákur (101 Reykjavík) a réalisé une adaptation de Mýrin (La Cité des Jarres), Jar City en 2008.

 

Portrait par Sabrina Champenois, LIBERATION - juillet 2010

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